Grands crus, bonne bouffe et chaleur de vivre, cap sur la cité girondine, récemment consacrée ville à visiter en 2017 par le Lonely Planet.

Le verdict est tombé: s'il y a bien UNE ville à découvrir en l'an de grâce 2017, ça sera Bordeaux. Située près de l'océan, dotée de quais rénovés de façon moderne et intelligente et récemment couronnée par la Cité du vin, la ville ne possède pourtant pas la même cote d'amour que Marseille la passionnée, Paris la superbe ou encore Toulouse la vivante.

Longtemps, Bordeaux a traîné une réputation de ville bourgeoise, limite ennuyeuse. Jusqu'à en hériter d'un surnom poétique, mais qui en dit long: "La belle endormie". Et pourtant, avec sa culture viticole, ses innombrables restaurants et bars et sa riche histoire, cette ville de 240 000 d'habitants est plus éveillée que jamais !


Porte à porte

La grosse cloche. Voici peut-être l'un des plus beaux monuments de la Bordeaux. En réalité, il s'agit d'une porte, la porte Saint-Eloy, située rue Saint-James. C'est simple, c'est la plus ancienne de la ville (XIIIe siècle). Et la plus belle. Mais les portes Cailhau (place du palais), Dijeaux (vers la place Gambetta), de Bourgogne (près des quais), d'Aquitaine (place de la Victoire, près des témoins de Jéhovah), de la Monnaie (le long de la Garonne) valent également le détour. Coup de pot, le tout peut faire l'objet d'une jolie balade. On vous emmène !

POINT DE DEPART: la Victoire et la porte d'Aquitaine. Prenez la rue Sainte-Catherine, la plus grande rue commerçante d'Europe. Tournez ensuite à droite au cours Victoire Hugo jusqu'à la rue Saint-James, à gauche. C'est la grosse cloche, la porte Saint-Eloy. Continuez jusqu'à la place Fernand Lafargue et posez-vous à l'Apollo pour faire un petit billard. Une fois reposé, vous pouvez prendre la rue du Pas-Saint-George, face à la rue Saint-James, de l'autre côté de la place, jusqu'au cours Alsace-Lorraine. Prenez à gauche, jusqu'à la place Pey Berland, où se trouvent à la fois l'hôtel de Ville et l'église gothique du même nom. Petit conseil: montez en haut d'une des tours de l'édifice, qui offre une vue imprenable sur la ville ! La suite ? Prenez la rue Vital Carles, chinez dans la librairie Mollat, tournez à gauche jusqu'à la porte Dijeaux. Après l'avoir passée, vous arrivez place Gambetta, en la longeant, vous retrouvez sur la droite le cours de l'Intendance, soit l'avenue Louise locale. Si votre portefeuille ne peut supporter les enseignes peu bon marché, c'est toujours gratuit de l'arpenter. Tant mieux, le cours vous amène directement au Grand théâtre. Et au resto de Philippe Etchebest, la star de la télé culinaire... Plus loin se trouve la place des Quinconces et l'impressionnant Monument aux Girondins, élevé au XIXe siècles en hommage aux députés girondins victimes de la Terreur. Traversez la place, direction les quais. Tournez à droite, vers le Miroir d'eau, l'un des spots "chill" de Bordeaux (voir plus bas). Plus loin, en continuant sur les quais, vous découvrez la rue où se trouve la Porte Cailhau. De là, vous n'êtes qu'à quelques minutes à pied de la place Camille Jullian, son cinéma indé Utopia, ses restos et sa bonne ambiance.

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Sur les quais...

Il y a une petite dizaine d'année, lors de notre première visite dans la ville, on avait décidé d'aller se balader sur les quais. Ça devait être sympa après tout. Oui, sauf quand on avait découvert que ceux-ci n'étaient pas forcément le lieu le mieux famé de la ville. "Ah, mais, là, c'est les putes et les toxs", nous disaient nos copains, sans filtre. C'était avant que la ville ne se lance dans un grand plan de rénovation et de réhabilitation avec en point d'orgue la création en 2006 du Miroir d'eau, une aire de pierre recouverte d'une fine pellicule d'eau qui reflète le place de la Bourse, située juste en face. Aujourd'hui, c'est l'endroit idéal pour se poser et se faire un pic-nic entre copains. D'autant plus intéressant qu'en guise de promenade digestive, vous pouvez déambuler le long des quais, découvrir la vie qui y règne, entre les joggeurs, les skateurs, les couples, les touristes et les locaux. Attention à ne pas aller trop loin, vous pourriez vous retrouver à dévaliser le Quais des marques avant de vous rendre à la Cité du vin, située au-delà du pont Chaban-Delmas... On vous aura prévenu !

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No Brexit in Bordeaux

Ne vous étonnez pas si vous entendez régulièrement des gens converser en anglais. Non, vous n'êtes pas tombé dans une faille spatio-temporelle, ceux-ci ne sont pas Français, mais bel et bien Britanniques. En effet, l'Aquitaine, et donc Bordeaux, sont très prisées des Anglais, qui y élisent domicile. Pas mal de jeunes quittent les Îles pour se rendre plus au sud, chez le rival européen. Résultat, on trouve à Bordeaux un nombre incalculables de pubs à l'odeur de bière rance. On aime ! Le Dick Turpins (rue du Loup), tout petit, mais charmant, le Cock & Bull (rue Duffour Dubergier), le Houses of Parliament (rue Parlement Sainte-Catherine), où se disputent chaque semaine des quizzs réputés et redoutés, le Dog and Duck, près des quais (quai Louis XVIII), et on en passe. Si vous aimez le foot anglais, le rugby (ou le cricket...), vous n'avez aucune excuse pour ne pas siroter une bière brune (ou un petit vin blanc, ils ne sont pas sectaires...) en refaisant le match dans la langue de Shakespeare.

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Bon appétit !

En parlant d'horeca, sachez que Bordeaux est la ville qui dispose de la plus grande concentration de restaurants par habitant (1 pour 285 personnes, selon les chiffres de l'Insee). On vous conseille le Michel (rue du Pas-Saint-George), à la devanture verte, qui invite à la dégustation, le Bar du Boucher et ses tapas (rue du Parlement Sainte-Catherine). Dans la même veine ibérique, ne ratez pas non plus le Jamon Jamon (rue Louis Combes). On n'oublie pas non plus le Baud et Millet (rue de la Huguerie). Et pour ceux qui aiment le sud-ouest, filez à la Belle campagne (rue des Bahutiers) et sa fine cuisine. En règle générale, le quartier Saint-Pierre, plus précisément la place du Parlement, devrait faire votre bonheur gustatif, (mais pas que...).

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De Saint-Mich' aux Capu'

Parfois, le quartier Saint-Pierre est vu comme trop bourgeois, trop "branchouille". Certains préfèrent désormais le déserter pour filer à Saint-Michel. Avec sa basilique de style gothique flamboyant et ses kebabs, ce quartier populaire est en pleine gentryfication. Bref, c'est un peu le Saint-Gilles bordelais. La similitude se retrouve même dans son marché. Pas de petits camions ici, mais bien un marché couvert, où il est possible de déguster de la charcuterie, du fromage, des huîtres, le tout arrosé de vins pas chers, sans être de la piquette. Une ambiance "Jean-Pierre Pernault" qui ne manque pas de charme, il faut bien l'avouer...

LES HORAIRES: 6h00 - 14h30 (semaine et week-end)

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