Avec les conifères s’ouvre un vaste monde tant les variétés sont innombrables. Nains ou géants, verts, dorés ou glauques, globuleux, fuselés, étalés, pleureurs, c’est un festival de formes et de couleurs. Mal connus et souvent mal aimés, il suffit de se pencher sur leur univers pour découvrir des merveilles. Ils marient à la fois fantaisie et rigueur. Avec eux, pas de fleurs mais des couleurs, des feuillages inédits et de l’allure. Ajoutez à cela des capacités de mises en scène tout à fait fascinantes. Ils sont souvent l’objet de collections passionnées et se trouvent fréquemment regroupés dans des arboretums spécifiques.

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Pas facile à identifier

Vus de loin, ils partagent un vague air de famille. On croit les connaître et pourtant il n’en est rien, tant ils sont plus complexes à identifier que d’autres végétaux. Selon les espèces, la forme des feuilles diffère en aiguilles ou en écailles. Les fruits peuvent aider quand ils sont visibles. Si les cônes sont dressés, il s’agit d’un sapin (abies) si en revanche les cônes sont pendants, c’est un épicéa. Les fruits ressemblent à des petites boules, on est probablement en présence d’un thuya ou d’un cyprès ou d’un faux-cyprès. D’autres encore portent des petites baies comme l’if.

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Avec le temps, comme les arbres, ils perdent leurs feuilles mais pour la plupart leur chute passe inaperçue. Les aiguilles peuvent vivre plusieurs années sur l’arbre puis tomber au printemps quand les nouvelles sont déjà là. Certains les perdent complètement chaque année. Comme le mélèze (Larix decidua), le cyprès chauve (Taxodium distichum) ou le sapin d’eau (Metasequoia glyptostroboides).

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Choisir

Vu l’étendue des possibilités, il est nécessaire de rassembler quelques éléments avant d’acheter. Identité, taille future, vitesse de croissance, encombrement au sol sont autant de points à soulever. Le lieu de plantation est choisi en fonction. Un conifère planté trop près de la maison assombrit l’intérieur toute l’année et la zone couverte par son ombre est difficile à aménager.

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Ce sont en général des plantes de sol acide, bien drainé l’hiver. Quelques-uns supportent les sols légèrement calcaires. D’autres encore, se plaisent dans un sol humide ou plus frais et certains apprécient même un sol sec. Ainsi, l’if commun tolère les sols calcaires secs et déteste les sols lourds et humides.

Du doré

Des individus se parent de colorations du plus bel effet, avec des dorés très purs et des bleus comme on en voit peu parmi les autres végétaux. Ils sont franchement spectaculaires, au point que leur utilisation dans les compositions doit se faire par touches subtiles. Un conifère doré ne passe jamais inaperçu. Son impact visuel est puissant. Le cyprès de Sawara, Chamaecyparis pisifera ‘Filifera Aurea’en est un exemple. À la fois légèrement pleureur et doré, il fait le décor à lui seul. Son feuillage effilé et mince prend un port naturellement retombant. Les sujets âgés peuvent être légèrement retaillés pour garder un aspect plus touffu.

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Du bleu

La couleur bleue au jardin a toujours suscité admiration et convoitise. Pensez à la rose bleue. Les conifères bleus n’échappent pas au phénomène. Associés à d’autres végétaux de même couleur ou non, ils animent le jardin. Le bleu donne de la profondeur à la composition et capte le regard. L’environnement a une incidence sur la perception que l’œil peut avoir du coloris. Ainsi un conifère bleu semble plus bleu s’il se détache sur un fond vert foncé. Sa teinte fluctue en fonction de la lumière et du taux d’humidité de l’air. L’éclat du bleu dépend aussi de la vitalité du sujet. Le cèdre de l’Atlas, Cedrus atlantica ‘Glauca’est d’un bleu assez clair presque gris chez les jeunes sujets pour devenir plus profond avec le temps. Toutes les variétés de Picea pungens sont couramment appelées “sapins bleus”, la forme ‘Super Blue’décline un bleu très prononcé.

Jeunes pousses

Certains conifères marquent l’arrivée du printemps par des jeunes pousses colorées, blanches, jaunes, rouges ou vert tendre. Ce point qui ajoute un intérêt saisonnier à la vie du jardin, n’a pas échappé aux passionnés. La couleur de ces jeunes pousses est très franche au printemps et en été pour s’atténuer progressivement selon la variété. Le Taxus baccata ‘Aurea’est un if à isoler pour mettre en valeur cette caractéristique. Le Pinus nigra ‘Aurea’a des jeunes pousses dorées qui illuminent en début de saison la ramure austère que l’on connaît au pin noir d’Autriche.

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 Un genévrier au port étalé Juniperus chinensis ‘Expansa Variegata’a lui aussi cette caractéristique. Il existe aussi des conifères qui changent de teintes au fil des saisons, quelques-uns roussissent en hiver. Thuya occidentalis ‘Tiny Tim’est un petit conifère aux rameaux aplatis qui forme une masse arrondie vert tendre devenant bronze en hiver.

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