Ils se sont croisés par hasard à une soirée en janvier. Fin mars, elle prend de ses nouvelles en ces temps bouleversés. C’est le début d’une avalanche de messages, de photos, de vidéos pour apprendre à se connaître avant une rencontre à 1,50 m l’un de l’autre dans les rues de Bruxelles en mai. De quoi conforter encore l’envie de se revoir. Quelque temps plus tard, rendez-vous est pris pour un anniversaire en duo "en forêt, sur un plaid, champagne et bons petits trucs à manger". Vous croyez qu’on vous raconte un conte de fées ? C’est la réalité de Catherine et Vincent qui depuis septembre vivent même ensemble. " On s’est rencontrés, on s’est appréciés, on s’est embrassés, on a fait l’amour comme des fous, on a passé l’épreuve des vacances, on aborde tous les sujets. Cette femme m’ouvre des portes que personne ne m’a encore ouvertes. Alors un matin, juste avant de partir au bureau, je lui ai dit ‘hé’ - ‘Quoi ?’ - ‘Je t’aime’, j’ai soufflé et je suis parti. J’ai eu le mien peu de temps après ", se souvient Vincent. Le créatif avoue pourtant que ça n’a pas toujours été évident d’être taxé de "couple Covid" dans une période immensément noire pour tous, "on n’a pas pu beaucoup le partager et finalement, on a vécu notre couple dans une bulle qui n’est pas la réalité, réfléchit-il, "même si, je ne l’ai pas aimé à cause de la situation mais bien parce que c’est cette femme-là, précisément" .

Une belle histoire d’amour née d’une rencontre réelle suivi d’un long échange virtuel. Comme l’a vécu une personne sur cinq en Belgique si l’on en croit le Love Index publié annuellement par Mastercard : 19 % des Belges ont en effet rencontré quelqu’un en ligne au cours de l’année écoulée. Pour se rencontrer ensuite, ils sont 1 sur 5 à être passé par vidéoconférence et 1 sur 4 à s’être vus en vrai, en respectant les distances. Car "ressentir quelque chose en voyant une personne pour la première fois", comme le décrit Corine, "c’est inimitable. Et cela me manque terriblement ". Cette jeune maman de deux enfants, séparée depuis 2 ans ½, voit même approcher cette St-Valentin avec angoisse. "Après des mois sur des applis de rencontres qui ne m’ont rien amené de beau, je me sens fragile. Je n’ai plus confiance en moi. Je n’y crois plus", termine la trentenaire la voix cassée. Elle s’est retirée depuis de toutes les plates-formes et place éventuellement ses espoirs dans un coach qu’elle ira voir " en vrai, parce que le stress et la tristesse, cela se sent et ça fait fuire… même moi !" , sourit-elle quand même.

Un parcours qui ne va pas étonner Annemieke Dubois, personal match-maker qui a lancé récemment son agence de rencontres haut de gamme "Jade et Jules". Pour cette pro pleine d’expérience, " la solitude reste un problème majeur dans notre société. Il est donc plus important que jamais de s’ouvrir aux contacts sociaux ", en y mettant du sens. Annemieke Dubois voit heureusmeent peu à peu un retour vers "moins de contacts, mais plus qualitatifs". Car la jeune femme s’en rend compte au quotidien dans sa profession, " l’amour n’est pas seulement créé dans le cocktail de chimie et d’attraction, il faut aussi oser l’un pour l’autre, se choisir vraiment, oser s’engager dans une relation c’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire et se faire ".