Jusqu’au 14 juin 2021, la Grande galerie de l’évolution au Muséum d’Histoire naturelle de Paris présente la somptueuse exposition Pierres précieuses. Le public peut y découvrir pas moins de 360 minéraux, gemmes et objets d’art du Muséum ainsi que 250 pièces joaillières de la maison Van Cleef&Arpels. Autant dire que cela brille dans les vitrines !

L’exposition se décline en trois parties : histoire de la terre et des savoir-faire, des minéraux aux bijoux et Paris, lieu de savoirs.

Reportée au printemps 2020 en raison du confinement, c’est clairement l’une des expositions phares de la capitale française en ce moment.

La maison joaillière française Van Cleef&Arpels fut fondée en 1906 par Alfred Van Cleef et son beau-frère Charles Arpels. Les Cours royales ont régulièrement fait appel à leur talent. La princesse Grace de Monaco, la princesse Lilian de Réthy, la duchesse de Cornouailles, la reine Noor de Jordanie,…figurent entre autres parmi les clientes.

Le style Van Cleef&Arpels est immédiatement reconnaissable avec des broches ornées de motifs floraux ou animaliers mais aussi avec ce savoir-faire du sertissage dit sertissage mystérieux.

Parmi ses commandes les plus célèbres : 300 bijoux spécialement créés pour la maharani de Baroda mais aussi la couronne du sacre de l’impératrice Farah d’Iran qui nécessita pas moins de 6 mois de travail avec les pierres précieuses de la Couronne.

D’un poids de 2 kilos, la couronne de l’impératrice compte 1541 pierres dont 1496 diamants, 36 émeraudes, 36 rubis, 105 perles et une émeraude centrale de 150 carats. Elle est aujourd’hui toujours exposée à Téhéran.

L’exposition parisienne présente notamment un somptueux collier en diamants réalisé en 1939 à la demande de la reine Nazli d’Egypte, mère du roi Farouk. Elle le porta lors du mariage de sa fille la princesse Fawzia avec le shah d’Iran Mohammed Pahlavi. Il se compose de 673 diamants ronds et taillés.

La reine quitte l’Égypte en 1950 (la monarchie est renversée en 1952) et s’installe aux États-Unis. Son fils, suite à un désaccord familial, lui coupe les ressources financières. Elle vivra sur son bas de laine jusqu’à sa mort, à la fin dans des conditions fort modestes, ce qui l’oblige à vendre en 1975 ce collier qui est alors adjugé 640 000 €. En 2015, il réapparaît lors d’une vente aux enchères. Une aubaine pour la maison Van Cleef&Arpels qui l’achète pour sa collection privée.