Magazine

Une manière de s'opposer à une nouvelle interdiction les concernant...

Depuis plusieurs jours, Instagram livre des clichés montrant quelques Iraniennes à vélo. C'est une manière de revendiquer leur droit de chevaucher la petite reine car, depuis le 10 septembre, une fatwa leur interdit ce mode de transport ou ce loisir dans les lieux publics.

" Faire du vélo attire l'attention des hommes et expose la société à la corruption, et surtout cela contrevient à la chasteté des femmes, il faut l'abandonner ", voilà ce qu'a déclaré le leader religieux Ali Khamenei. Pourtant, une campagne pour l'écologie avait été lancée il y a quelques mois par le gouvernement avec comme message : " chaque mardi, laissez tomber la voiture et prenez votre vélo ". Ce que beaucoup d'iraniens ont fait dans les grandes villes du pays. Une nouvelle mode qui n'a pas vraiment plu aux ultraconservateurs considérant cette pratique " indécente " pour le sexe féminin. Une semaine avant de publier cette fatwa, Khamenei déclarait que "l e rôle et la mission des femmes, c'est d'être mère et de s'occuper du foyer" .

Mais pas de quoi décourager de nombreuses Iraniennes qui osent s'opposer ouvertement à cette nouvelle interdiction les concernant. En guise de contestation, elles s'affichent à vélo, avec l'aide de Masih Alinejad, fondatrice de l'association féministe militante My Stealthy Freedom, qui s'occupe de poster leurs photos sur Instragram.

Depuis que Rohani a pris la tête de l'Iran, les droits des femmes ne font que régresser. C'est le constat dressé par Amnesty International. D'ailleurs, 7000 agents de "police morale" ont été engagés depuis avril 2016 pour vérifier si leur tenue est bien "correcte".


#LesIraniennesadorentlevélo Je suis sportive. Et, j'ai toujours essayé de pratiquer en Iran, avec le plus de liberté possible. Cette photo a été prise sur l'île de Quesme (sud de l'Iran, sur la côte...).



"Pour vivre une vie ordinaire, en tant que femme, je dois m'engager dans une "guerre" quotidienne. Suis-je une criminelle parce que j'aime la vie et le vélo? Gardez en tête que nous pouvons atteindre la victoire en luttant inlassablement. Vivez en paix et respectez les droits des autres."



"Mon mari et moi, on ne va pas abandonner à cause d'une fatwa."



"Quand j'étais enfant, mes parents ne voulaient pas m'acheter de vélo. Ils disaient qu'une jeune fille ne monte pas usur une bicyclette. Mais je nai pas renoncé. Je sauteais sur la bicyclette de mon plus jeune frère, même avec d'autres garçons. J'étais la seule de mon groupe d'âge en classe à avoir appris à rouler à vélo. La première fois que j'ai essayé, je suis tombée dans un arbre et me suis cassé le nez. Ce que je vois donc sur mon nez est aujourd'hui le doux souvenir de ces jours. Je raconte cette histoire pour ceux qui pensent nous interdire de pratiquer ce sport que nous apprécions. Nous ne renoncerons pas facilement ! "