Le sultan d’Oman a séjourné quelques jours en Belgique pour y subir un traitement médical.

Voici quelques jours, les regards se sont tournés vers l’hôtel "The fourth" sur la grand-place de Louvain. L’établissement de luxe a été privatisé jusqu’au 30 janvier prochain par le sultan Qaboos d’Oman et sa suite. Le sultan, âgé de 79 ans, a suivi un traitement médical à l’hôpital universitaire de Louvain. Mais qui est ce sultan, chef d’État d’Oman depuis 1970, un pays qui s’est fortement ouvert au tourisme depuis quelques années ?

Qaboos est né le 18 novembre 1940. Il est le fils unique du sultan Said bin Taimur et de la sheikha Mazoon al Mashari. Après un début de scolarité à Oman, il est envoyé à l’âge de 16 ans en Angleterre. Il intègre après le pensionnat l’Académie militaire de Sandhurst. Il sert au sein du bataillon des Scottish Rifles en Allemagne puis au sein de l’armée britannique. Il rentre au pays en 1966.

Son père le confine dans ses appartements du palais. Pas question d’avoir des contacts avec l’étranger ni avec des notables d’Oman. Qaboos peut à peine avoir des relations très contrôlées avec des jeunes gens de sa génération dont les pères sont de la garde rapprochée du sultan.

Pendant ces quatre années de mise à l’écart, Qaboos étudie d’histoire de la religion musulmane. Il a soif d’évolution pour son pays mais toutes ces tentatives d’ouverture sont balayées du revers de la main par son père.

Au cours de l’été 1970, aidé par l’armée britannique où il a forcément gardé de bons contacts, il fomente un coup d’État contre son père qui part en exil. Il décédera deux ans plus tard, ayant terminé sa vie à l’hôtel Dorchester à Londres.

Qaboos change le nom du pays en sultanat d’Oman. À cette époque, Oman est un pays totalement arriéré. 5 % de la population est alphabétisée, 75 % de mortalité à la naissance, trois écoles ou encore à peine dix kilomètres de routes carrossables ! Oman a une superficie équivalente à la moitié de la France, c’est dire…

Le sultan abolit dans la foulée l’esclavage et se met à la tête d’une vaste impulsion de modernisation mais aussi déjà de préservation de l’environnement. Ici, pas de tours gigantesques défigurant le littoral mais des petites maisons blanches à taille humaine.

Aujourd’hui, les progrès sont considérables et Oman est considéré comme l’un des pays les plus sûrs au monde. Le sultan a toujours veillé à vivre en bonne entente avec ses puissants voisins de la région, ménageant les uns et les autres, et devenant de facto un émissaire respecté dans le cadre de conflits régionaux.

Le sultan est un passionné de musique. C’est ainsi qu’a été édifié l’impressionnant Royal Opera House de Mascate tout en marbre blanc. Il a aussi fait construire la Grande mosquée sultan Qaboos ainsi que des églises et temples indiens dans une évidente volonté d’œcuménisme.

Sa résidence officielle est le palais d’Al Alam dans la vieille ville de Mascate. Resté très proche de l’Angleterre, il a régulièrement accueilli des membres de la famille royale britannique dont la reine Elizabeth avec qui il partage la passion des chevaux. Il a offert une parure de diamants et saphirs à la princesse de Galles, qui est l’une des plus belles de son écrin et que la princesse a portée en de multiples occasions.

Brièvement marié avec une cousine de 1976 à 1979, le sultan n’a pas de descendance. La question de sa succession reste donc ouverte. Les lois de cette monarchie absolue prévoient qu’un Conseil doit se réunir trois jours après l’incapacité du sultan à exercer les fonctions (maladie actée ou décès). Si le Conseil ne parvient pas à un consensus, c’est une lettre rédigée par le sultan lui-même avec un nom qui imposera le successeur. Le sultan Qaboos a un oncle qui a une descendance assurée de ce côté.

Défini comme un homme d’une grande affabilité, le sultan est surtout connu pour cultiver une grande discrétion. Attirer l’attention médiatique de par son séjour belge n’a guère dû lui plaire.