Sandrine B. est une maman de deux enfants de 6 ans et demi et huit ans, elle travaille pour une société d'aide à domicile dans l'administratif. Dans son village non loin de Mettet, tout le monde se connaît et Sandrine participe à de nombreux événements festifs et folkloriques. Se qualifiant d'épicurienne qui aime bien manger et boire un verre, Sandrine n'a pas changé d'un iota son état d'esprit. Mais depuis mai 2017, elle a perdu plus de 30 kg.

La jeune femme de 39 ans avait à l'époque un IMC (indice de masse corporelle) de plus de 40. Un chiffre qui signe une obésité morbide. "Même si je ne me considérais pas comme ça. J'évitais par contre les miroirs, je ne me regardais plus, je m'oubliais".

Des antécédents familiaux, des guindailles festives avec paquets de frites en fin de soirée, de mauvais habitudes alimentaires parce qu'on s'amuse, qu'on révise dur et qu'on n'a pas le temps ni les connaissances pour faire les meilleurs choix, la mènent vers le surpoids. Et des régimes qui lui font perdre des kilos pour en reprendre bien plus, "le fameux effet yoyo, je connais". Viennent ensuite deux grossesses rapprochées. Les kilos s'accumulent « un long processus sur 20 ans », et Sandrine l'avoue, la fatigue des enfants tout petits, l'angoisse de devoir retourner travailler la conduisent droit vers le frigo, "Je me suis réfugiée dans la nourriture".

Elle se considère comme énorme, déteste son poids à 3 chiffres mais fuit la réalité tant qu'elle peut et toujours elle croit à la beauté intérieure et à son caractère enjoué, sociable qui fait qu'elle se sent acceptée.

Un jour, alors qu'elle installe son fils dans son siège à l'arrière de la voiture, son pantalon en lin se déchire. Electrochoc.

Chirurgie ou changement de prisme ?

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Avec un IMC de 40+, elle est une candidate à la chirurgie bariatrique. "Je me suis dit qu’une solution était le sleeve ou le gastric by-pass et j’ai pris rendez-vous. Lors de l’entretien avec la diététicienne, celle-ci m’a expliqué comment perdre les 10 kilos obligatoire pour l'opération et ce qu’il serait permis ou non de boire et manger par la suite."

La vie et l'alimentation contrôlée que nécessite un estomac rétréci "ne sont pas pour moi, si je ne peux plus boire un verre de bière ou manger une tartiflette de ma vie, ça va être quoi alors ?", se demande-t-elle.

N’ayant pas d’épée de Damoclès autre que le niveau élevé de l’IMC (pas de diabète, d’apnée du sommeil, …), elle décide alors de s'inscrire chez WW (anciennement Weight Watchers) pour maigrir. Elle va perdre 13 kg en 3 mois et demi, "les plus faciles à perdre au final" grâce à une nouvelle manière d'envisager l'alimentation, le suivi régulier en atelier, le coaching, la communauté bienveillante "toutes dans le même bateau, on s'échange plein de conseils". Et elle poursuit avec un objectif : « Je devais aller à un mariage et je me suis promis de ne pas être un sac à patates ». Résultat : une longue robe bleue dans laquelle elle se sentait enfin belle et resplendissante, confiance retrouvée. Et l'admiration de tous, tangible, pour avoir tenu bon : « J'ai impressionné mes amis, mes collègues ! ». Trois ans et demi après, elle n'a pas lâché ses réunions du mercredi, "mon moment à moi", Sandrine est "guide" pour soutenir les autres, a arrêté de fumer, a appris à courir, taille un 40/42 et se dit qu'elle prend les petites départementales pour perdre encore du poids sans se priver. "Ce ne sera peut-être pas dix kg, je regarderai mon miroir et écouterai mon corps et ma tête."

Bien sûr, le stress du covid, les confinements, les apéros virtuels sont de vrais dangers mais Sandrine a pris de solides habitudes et désormais, elle se "sort vite de ce qui peut devenir un mauvais pli". Ses mots : patience et bienveillance pour soi. "Je suis beaucoup plus ouverte et sûre de moi parce que je suis fière de moi".