Magazine Située à 450km au nord de Bangkok, la région de Sukhothaï offre un retour aux sources, une immersion dans la culture thaïlandaise et un voyage gustatif inoubliables.

Sortir des sentiers battus. Cette phrase, soit vous l’avez trop entendue, soit elle vous fait peur. Et pourtant, elle n’est pas incompatible avec la volonté de découvrir tous les secrets d’une région ou d’un pays tout en maintenant sécurité et confort.

Bangkog, Chiang Mai ou encore Pukhet sont autant de grandes villes ou destinations incontournables en Thaïlande. Et n’en sont pas moins intéressantes ou attrayantes. Mais si ce que vous recherchez, c’est un retour aux sources, un véritable contact avec les artisans et producteurs locaux et un cadre exempt de hordes de touristes, Sukhothaï est la destination idéale.

Bouddha, chef spirituel omniprésent

Située à environ 450 kilomètres au nord de la capitale, Sukhothaï, qui signifie "l’aube du bonheur", était autrefois la capitale du Siam, premier royaume thaïlandais, ainsi que l’écrin des premiers temples bouddhistes. Les parcs historiques de Sukhothaï, Si Satchanalai et Kamphaeng Phet appartiennent aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco. Au nombre de trois, ces vestiges d’anciennes villes avaient alors chacune leur spécificité. La première était la capitale administrative, la deuxième le centre spirituel tandis que la troisième avait une fonction militaire afin de protéger le royaume des invasions étrangères.

Ces sites historiques renferment une architecture d’antan à couper le souffle. Des statues de Bouddha (chef spirituel et fondateur du bouddhisme) de plusieurs mètres de haut et des temples protégés par des éléphants de pierre trônent fièrement au milieu des arbres, espaces verts et étangs sur lesquels flottent des centaines de nénuphars. Pour parcourir ces parcs, le vélo est privilégié, car il vous permet de rejoindre facilement les temples, qui peuvent être espacés de plusieurs centaines de mètres, et de ne pas trop souffrir de la chaleur. Les parcs (Sukhothaï, Si Satchanalai et Kamphaeng Phet) ne doivent pas nécessairement être visités tous les trois. Si les deux premiers sont les plus grands par leur taille et plus impressionnants grâce à leurs statues imposantes, le troisième se différencie de par une particularité : sa fonction militaire. Les statues de Bouddha, qui ont toujours des traits féminins pour représenter la beauté, ont, cette fois-ci, des visages plus carrés et un aspect masculin.

Variété de plaisirs

La région de Sukhothaï ne se résume pas qu’à ses sites historiques et offre une variété de plaisirs gustatifs et culturels. Planifier un voyage dans cette partie de la Thaïlande ne s’improvise pas et nécessite de connaître les petits coins et recoins pour se sustenter ou faire des achats qui sortent de l’ordinaire. Un passage par le village Ban Na Ton Chan (à 30 minutes de route du site de Si Satchanalai) est inévitable pour y goûter un khao perb, plat traditionnel composé d’un bouillon garni d’une grosse pâte à la farine de riz, fourrée aux légumes, accompagné d’une tranche de porc et d’un œuf à la vapeur. Vos papilles en seront toutes émoustillées.

Une fois le repas digéré, un petit tour par les ateliers de tissage et de teinture ainsi que la boutique est inévitable. Les tissus, tenues et écharpes en coton vendus dans ce village ont la particularité d’être doux comme de la soie. Mais quel est donc le secret des artisans ? À l’époque, lorsque les agriculteurs travaillaient dans les rizières, le bas de leurs pantalons traînait toujours dans l’eau boueuse. Avec le temps, ils se sont rendu compte que cette partie de leur tenue était beaucoup plus douce que le reste. C’est alors que l’eau des rizières a été utilisée pour permettre aux tissus de s’en imprégner afin de les rendre plus soyeux.

À deux pas de l’aéroport de Sukhothaï se trouve le Centre d’Agriculture Biologique fondé et soutenu par Bangkok Airways qui a pour objectif d’inciter les producteurs locaux à se tourner vers une agriculture plus écoresponsable et moins axée sur l’utilisation de pesticides. Ce centre se présente comme une ferme bio où l’on peut ramasser les œufs de canards, faire un tour dans les rizières, rencontrer les employés qui cultivent et trient le riz, observer les centaines de buffles et goûter un succulent repas dont les ingrédients proviennent des champs de l’énorme complexe.

L’immanquable Bangkok

Un arrêt par Bangkok, dont le vrai nom en Thaïlandais est composé de 21 mots, est presque obligatoire avant votre départ. La capitale située au bord de la rivière Chao Phraya ne manque pas d’hôtels chics à prix abordables. Mais contrairement aux temples abandonnés et transformés en musées en plein air de Sukhothaï, ceux de Bangkok sont nettement plus ostentatoires par leur apparence et accueillent toujours des moines.

Dès 8h du matin, partez en excursion visiter le temple Wat Pho qui abrite notamment un impressionnant Buddha couché recouvert d’or de 43 mètres de long et 15 mètres de haut. Partez ensuite vers Wat Saket, un autre temple non loin du premier, qui vous offrira une vue imprenable sur la capitale. Ce sanctuaire, placé sur les hauteurs d’une colline artificielle et surmonté d’un chedi (structure architecturale en forme de cloche) doré, a été renommé "Temple de la montagne d’or" pour ces raisons. Si la montée des 300 marches vous fait peur, sachez que le chemin jusqu’au sommet est parsemé de petits brumisateurs et la vue en vaut la chandelle. Vous aurez aussi l’occasion d’observer les fidèles faire leurs prières, remercier Bouddha en lui apportant des offrandes et tenter de voir leurs vœux se réaliser en apposant des feuilles d’or sur les statues du moine célèbre. En soirée, profitez à nouveau de la vue au Park Society, le rooftop du 29e étage de l’hôtel Sofitel pour déguster un excellent cocktail. Descendez ensuite à l’un des restaurants du complexe, le Red Oven et n’hésitez pas une seconde pour prendre le buffet à volonté. Une conclusion parfaite à un voyage haut en couleur et en découvertes.