Oui, la glycine est une des plus grandes plantes grimpantes à fleurs. Livrée à elle-même, sans taille, elle peut sans souci faire le tour d’une maison ou grimper au sommet d’un arbre. Fascinante elle l’est, mais parfois incontrôlable aussi, lorsque ses tiges volubiles vagabondent allègrement sur 20 m de long. Vous l’avez compris, la glycine doit être contrôlée pour rester belle. Autour d’elle, beaucoup de clichés. Les balustrades ou les gouttières tordues et entortillées, les tuteurs anéantis, les fondations descellées ou soulevées. Soyez prudent, choisissez un support d’une robustesse à toute épreuve et installez-la loin des canalisations pour que la plante souvent centenaire émerveille encore les générations futures.

Peu exigeante, elle accepte un sol riche, frais et bien drainé du moment qu’il ne soit pas trop calcaire. Soleil et mi-ombre lui conviennent. Cela dit, elle demande quelques années pour s’installer et fleurir en abondance. Si elle ne fleurit pas, méfiez-vous car elle peut vous faire languir pendant 10, 20 ou 30 ans, notamment lorsque c’est une plante de semis. L’idéal est donc de choisir une glycine greffée qui produit déjà quelques fleurs.

Pour la taille, pas de stress. Chacun a sa manière de procéder. Le principal est de concentrer la sève dans les bourgeons les plus proches des branches principales qui se transformeront en boutons floraux. En effet, la taille stimule la production de fleurs. En été, une taille en vert des jeunes pousses de l’année au-delà de 4 ou 5 yeux, – ou bourgeons -, soit environ 15 cm, est bénéfique. À la fin de l’hiver, beaucoup peaufinent la taille pour ne laisser que 2 ou 3 yeux.

Il y a glycine et glycine. Dans les tons pastel, bleue, violette, mauve, rose ou blanche, très ou moyennement parfumée, de Chine, du Japon ou d’Amérique, elle appartient à la famille des Légumineuses ou Fabacées ou encore Papilionacées. Une famille qui compte également d’autres plantes à fleurs comme les genêts, lupins, vesces ou pois. Plante ligneuse, – qui fait du bois -, à feuillage caduc, elle appartient au genre Wisteria. Les deux espèces les plus cultivées chez nous sont la glycine de Chine, Wisteria sinensis et celle du Japon, Wisteria floribunda. Parfaite pour ourler les façades, encadrer les portes, habiller treillages, colonnades ou pergolas, envahir les talus ou les arbres adultes et spécialement élégante lorsqu’elle est conduite sur tige en sujet isolé. À vous de choisir !

Glycine de Chine

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Wisteria sinensis est la plus commune. Dès fin d’avril, début mai, elle est la première à fleurir. Les grappes de fleurs, – environ 20/25 cm -, ne sont pas très grandes mais très nombreuses, de 30 à 45 fleurs. L’effet de masse est garanti car elles s’ouvrent toutes simultanément et ne sont pas concurrencées par les feuilles non encore apparues. Le spectacle est grandiose sauf quand le gel s’invite pendant la floraison ; les boutons floraux sont alors brûlés et les grappes séchées pendent désespérément. Raison pour laquelle beaucoup la plantent contre un mur sud ou ouest ou à l’abri d’autres plantes. Une remontée estivale plus parsemée dès le mois de juillet et jusqu’à fin août représente un autre atout. Côté parfum, on la dit plus parfumée que sa cousine japonaise mais sur ce point les avis des spécialistes restent partagés.
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Quelques variétés de Wisteria sinensis à épingler :

• W. s. f. alba ou W. s. ‘Jako’très parfumée, également à fleurs blanches

• W. s. ‘Prolific’à la floraison très longue : de nombreuses petites grappes (environ 15 cm) de fleurs bleu lilas contrastées de bleu-violet pâle

Glycine du Japon

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Wisteria floribunda, originaire du Japon connait également un grand succès. Pour ne pas la confondre avec la précédente, il existe plusieurs astuces. Les puristes, – qui ne sont pas toujours d’accord -, vous diront que sur le support, ses rameaux s’enroulent de gauche à droite dans le sens des aiguilles d’une montre alors que ceux de W. sinensis s’enroulent dans l’autre sens, de droite à gauche. D’autres ajouteront que la feuille de la japonaise compte plus de folioles. Les plus pragmatiques noteront que la japonaise fleurit plus tard, début mai, en même temps que l’apparition des feuilles. L’effet est sans doute plus fouillis mais pas vraiment car les grappes de fleurs sont beaucoup plus longues et effilées, de 40 à 50 cm, parfois même jusqu’à 1 m. Le temps de floraison paraît plus long car elle est étagée de la base vers les extrémités : les premières fleurs sont fanées quand les dernières décident de s’ouvrir. La palette des couleurs va du violet pâle vers du plus soutenu, en passant par des variétés roses ou blanches :

• W. f. ‘Alba’et W. f. ‘Longuissima Alba’

• W.f. ‘Rosea’, ‘Pink Ice’ou ‘Hon-beni’aux fleurs rose lavande de 30 à 60 cm

• W.f. ‘Macrobotrys’, une des plus spectaculaires, aux très longues grappes bleu lilas dépassant 1 m qui forment un véritable rideau 

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• W. f. ‘Violacea Plena’ou ‘Black Dragon’aux fleurs doubles violet pourpre, de 40 à 50 cm, très présentes mais peu parfumées

Mais encore

Quelques-unes, hybrides, sont remarquables. Même si les confusions concernant leur nom sont souvent fréquentes, choisissez-les en fleurs :

• W. brachybotrys a une silhouette plus ramassée (environ 5 m) et des fleurs bleues tirant vers le mauve. W. b. f albiflora ‘Shiro-kapitan’appelée aussi Wisteria venusta est une magnifique sélection à fleurs blanches. Ses grappes très parfumées sont petites (15 cm) et joufflues et son feuillage est pourpré et soyeux.

• W. x formosa ‘Issai’a une taille modérée (4 m) à l’âge adulte et peut être maintenue en arbuste. Dès son plus jeune âge elle fleurit dans les tons violet clair et foncé. W. x f. ‘Caroline’aux fleurs d’un mauve très pâle est considéré comme une des plus parfumées.

• W. frutescens ‘Amethyst Falls’, la glycine d’Amérique, idéale pour les petits jardins, exhibe également de nombreuses fleurs mauve violacé plus compactes.