En ville, le moindre espace peut être transformé par la présence d’une plante. Depuis toujours les citadins jardiniers s’en donnent à cœur joie et font preuve d’une imagination étonnante. Terrasses, balcons et cours pavées s’enrichissent de floraisons spectaculaires. La bonne adéquation entre les plantes et l’exposition du lieu est la clef du succès. Grand sujet dans de grands bacs ou plantes plus modestes, l’essentiel est de respecter leurs exigences. En cela pas de différence notable avec une plantation dans un jardin.

La variété des récipients pouvant être utilisés à cet effet est infinie. Les esprits féconds ne se lassent pas de détourner toutes sortes d’objets du quotidien.

© MPV/MNC

La culture des végétaux en pot est à la portée de tous, elle demande toutefois soins et attentions. Un balcon plein vent ne sera pas planté de la même manière ni avec les mêmes sujets qu’un espace emmuré. Le vent, l’arrosage sont des contraintes. Ce type de jardinage implique quelques dispositions pour le “nursing”.

Remplir le contenant
© MPV/MNC

En soi, rien de bien compliqué. Il y a quelques précautions à prendre. La première est de veiller au drainage. Généralement le pot est percé dans le fond.

Quand le trou de drainage n’existe pas encore, percez-le de préférence sur le côté à une petite dizaine de centimètres du fond. Cela permet de ménager une réserve d’eau toujours bienvenue sous la canicule et les vents desséchants. C’est aussi un truc pour éviter l’eau stagnante favorable à la ponte des moustiques dans les coupelles.

Pour commencer, versez dans le fond une couche d’éléments en vrac, des cailloux, des billes d’argile expansée ou des tessons de poterie concassés. Il est conseillé pour les grands contenants de séparer la couche de drainage de la terre par un voile qui évite que la terre fine ne descende et colmate le drainage. Ce type de voile est disponible dans le commerce sous le nom de feutre de jardin ou géotextile. Une nappe usagée fait aussi parfaitement l’affaire. Cela facilite également le dépotage et rempotage. Laissez deux centimètres d’espace entre le bord du pot et le substrat pour éviter les débordements lors de l’arrosage.

© MPV/MNC

Le choix des plantes

Chaque jardinier a ses plantes fétiches. Souvent son cœur varie. Les possibilités sont nombreuses en couleurs et en espèces. La gamme des annuelles destinées à cet usage est très développée, ajoutez-y les plantes vivaces et quelques végétaux à feuillage persistant pour compléter le tableau et, très vite, les contenants viennent à manquer.

Tous ne se plaisent pas cependant dans ces conditions de culture. Les plantes au tempérament drageonnant ou envahissant ainsi que des essences à grand développement ne conviennent pas du tout. Leurs racines auront tôt fait de coloniser tout le pot. C’est le cas pour le bambou, certains arbustes comme les Cornus sanguinea ou stolonifera. Dans les étages, le vent peut être redoutable par sa force et par son pouvoir desséchant.

© MPV/MNC

Les fleurs qui se contentent de peu

Il existe des plantes qui poussent naturellement dans des anfractuosités de rochers, montrant par là leur aptitude à prospérer dans très peu de substrat. Elles supportent étonnamment bien les sécheresses épisodiques. C’est parmi elles que vous devrez piocher pour garnir vos bacs si ces derniers sont petits. Ce sont des plantes vivaces que vous retrouverez d’année en année, fidèles au rendez-vous. Au soleil, pensez aux hélianthèmes, à l’euphorbe myrsinite ou à la catananche et aux Gaura… À la mi-ombre, l’alchémille, le géranium ‘Rozanne’, les heuchères et le Ceratostigma. Sur un balcon abrité, tentez un fuchsia.

Annuelles

La gamme des annuelles s’étoffe chaque année. C’est l’occasion de développer l’art judicieux des associations imprévues ou de nouveaux mariages.

L’entretien reste la garantie de la bonne tenue des plantes en jardinières. L’arrosage et l’élimination systématique des fleurs fanées sont les deux points à ne pas négliger. Beaucoup d’annuelles éprouvent des difficultés à se remettre d’une trop longue période sans apport d’eau. Un arrosage régulier mais espacé est conseillé. Mouiller un peu tous les jours donne un enracinement trop superficiel et fragile. Préférez un bon arrosage le matin une à deux fois par semaine en fonction de l’ensoleillement. Enlever les fleurs fanées permet de prolonger la floraison mais aussi donne de l’air aux compositions et évite les maladies.

© MPV/MNC

Paniers suspendus
© MPV/MNC

Sur un balcon, les paniers suspendus sont des recrues de choix et produisent des effets presque irréels.

Les puristes disent qu’ils relèvent davantage de l’art floral que du jardinage. Peu importe. Ils offrent à ceux qui les admirent de longs mois d’émerveillement. Que désirer de plus ? les plantes qui les composent sont les mêmes que celles parfois utilisées dans les pots et jardinières.

Bien sûr, il y a les pétunias, peu de variétés peuvent se targuer de pareil succès, avec leur floraison ininterrompue liée à l’absence de graines mais ils ne sont pas seuls. Le convolvulus moins connu est originaire du Maroc, il se plaît en plein soleil et y épanouit ses jolies corolles d’un bleu tendre. Le mélange avec un hélichrysum au feuillage argenté est plein de grâce.