Certaines parmi les plantes vivaces n’ont pas leur pareil pour alléger les compositions tout en apportant de la hauteur, du mouvement et de la délicatesse. En compagnie des graminées, dans les jardins aux plantations naturalistes contemporaines, elles font merveille. Sans grand entretien, peu exigeantes, elles deviennent incontournables pour beaucoup d’architectes paysagistes et pour tous les jardiniers adeptes du naturel. Parmi elles, les Thalictrum font l’unanimité.

De la famille des Renonculacées, comme les renoncules et autres ancolies, ils sont originaires d’Europe ou d’Asie. En grec, le mot Thalictrum, -Thallein verdir et ictar vite -, fait allusion à la puissance ou plutôt à la rapidité de croissance de la plante. Couramment appelé pigamon, son feuillage bleuté ou vert tendre finement découpé met en valeur une floraison vaporeuse dans les tons pastel, rose, lilas, jaune ou blanc, qui fait l’effet d’un charmant brouillard d’élégantes houppettes aux nombreuses étamines bien visibles. De bas en haut, sa silhouette altière est magnifique. Avec une allure de gypsophile géant, à hauteur d’homme, il peut pousser selon les variétés jusqu’à 2 m de haut. Ce nuage, modèle de transparence, lui vaut d’être planté partout même entre les arbustes tels des hydrangeas pour alléger leur aspect massif ou en premier plan dans les parterres. Différentes espèces et variétés sont intéressantes pour nos jardins.

© MPV/MNC

Thalictrum Aquilegifolium

Appelée colombine panachée ou plumeuse, cette espèce présente des feuilles ressemblant à s’y méprendre, à sa cousine l’ancolie, d’autant plus qu’elles poussent en même temps.

En fin de printemps, les fleurs mauves, rose lilacé ou blanches en panicules très ramifiées voire arrondies montrent des étamines blanchâtres ou lilas. Les tiges robustes les portent fièrement à 80 cm voire 1,50 m de haut. Pour les amateurs de scènes naturelles ce Thalictrum est indispensable car il figure parmi les plantes vivaces les plus hautes à cette époque et contraste joliment avec les autres généralement plus basses. Comme il se ressème facilement et sauf si l’on veut garder des semis, il est utile de le rabattre après la floraison pour lui maintenir un beau port.

Quelques variétés à épingler :

• T. a. ‘Purpureum’aux bouquets bien ramifiés, rose lilas vif. 1,20m de haut

• T. a. ‘Album’: aux tiges foncées qui contrastent. 90 cm

• T. a. ‘Thundercloud’aux fleurs pourpres. 1m/1,20 m

Thalictrum Flavum
© MPV/MNC

De juillet à août, les petits bouquets de fleurs jaune pâle aux très longues étamines donnent un air de mimosa au Thalictrum flavum. Ils forment une masse vaporeuse très douce à 1,50 m, parfois 2,50 m de haut qui contraste avec un feuillage bleuté aux reflets argentés. Ce dernier reste impeccable s’il est rafraîchi juste après la floraison. T. f. ‘Illuminator’exhibe d’élégantes jeunes feuilles dorées.

Thalictrum Delavayi
© MPV/MNC

Jean-Marie Delavay, célèbre père missionnaire français parti en Chine au XIXe siècle a repéré ce Thalictrum dans les prairies de fleurs sauvages en compagnie d’iris. Botaniste averti, herborisant à ses heures perdues, il a ramené de nombreuses plantes qui portent aujourd’hui son nom. Thalictrum delavayi, sans doute le plus aérien du genre, – 1,20 m à 1,50 m de haut -, est plus tardif que T. aquilegifolium. En fonction de l’exposition, il offre de juin à août de grands bouquets de petites fleurs mauves ou blanches à 4 pétales qui ressemblent cette fois plus à des vraies fleurs qu’aux toupets d’étamines. Son look de gypsophile ne laisse personne indifférent. Il se ressème peu ou pas du tout, apprécie les climats arrosés et un paillage à ses pieds lors des canicules.

À noter :

• T. d. ‘Hewitt’s Double’aux fleurs doubles stériles. Plus capricieux, adoptez-le en gros conteneur pour l’aider à bien démarrer

• T. d. ‘Album’, moins vigoureux a un feuillage vert pâle.

Thalictrum ‘Splendide’
© MPV/MNC

Ne pas rater, cette obtention de Thierry Delabroye en tous points splendide. Les fleurs très nombreuses sur une tige d’1,50 m sont plus grandes que celles de Thalictrum Delavayi et la floraison plus longue. T. ‘Splendide White’a un feuillage vert tendre.

© MPV/MNC

Thalictrum ‘Elin’

Voici un hybride en vogue dans les jardins. Ce géant peut culminer jusqu’à 2,50 m. En été en haut de tiges bien robustes, une nuée d’étoiles échevelées beige rosé liliacé, peut-être moins présentes que chez T. Delavayi, apparaissent. Le jeune feuillage a la particularité d’être teinté de pourpre avant de virer au bleu.

Son côté pratique

Parfaitement rustique chez nous, peu exigeant, originaire des lisières des bois et prairies humides, le Thalictrum accepte tout type de sol du moment qu’il soit relativement profond et riche en humus et surtout pas trop sec. Lors des sécheresses prolongées, il est appréciable de le pailler pour garder l’humidité. Le soleil est son allié mais il ne dédaigne pas la mi-ombre qu’il éclaire à la fin du printemps et en été.

Peu encombrant, un emplacement au sol de 30 à 50 cm lui suffit. Disparaissant en hiver, il est parfois utile de le marquer par un bâtonnet pour le repérer au printemps et éviter de biner son jeune feuillage. Un petit bémol. Attention aux grands vents qui pourraient le casser ou le faire verser s’il n’est pas tuteuré. Faites-le tôt dans la saison pour que le support devienne invisible. Une autre solution est de planter tout autour des vivaces ou graminées hautes comme des Miscanthus qui pourraient naturellement les maintenir.