La vigne n’est probablement pas la première plante à laquelle songe le jardinier quand il souhaite décorer sa façade ou enrichir son jardin de petits fruits. Et pourtant la présence de vignobles dans notre pays ne date pas d’hier. Des passionnés ont fait avancer à grand pas l’histoire de la viticulture flamande et wallonne. Au point qu’aujourd’hui il existe d’excellents vins belges et qu’il est possible d’avoir sur sa table de délicieuses grappes en provenance du jardin. Les choses dites de cette façon semblent simples. Ce n’est pas tout à fait le cas. La vigne est sujette à quelques maladies qui demandent à être traitées. Sa culture sans pesticides ne va pas de soi. Et c’est là toute la question.

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Tendances

Dès les années 80, coexistent deux tendances, les tenants de Vitis vinifera, la vigne traditionnelle, et les amateurs d’hybrides. Ces derniers nécessitant moins de produits phytosanitaires et de soins sont alors privilégiés par les vignerons soucieux de l’environnement. À l’époque, le vin produit par ces hybrides ne convainc pas les spécialistes.

Aujourd’hui, en Wallonie, les deux approches persistent à quelques nuances près. La première utilise toujours les vignes européennes, la seconde est basée sur la culture de cépages interspécifiques : des variétés nouvelles d’hybrides, dites interspécifiques plutôt qu’hybrides de deuxième génération. Un remariage en quelque sorte entre Vinifera et hybrides. Une viticulture innovante naît alors et engendre même en Wallonie, la création de vignobles associatifs et coopératifs

Un précurseur, Marc De Brouwer

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Marc De Brouwer fait partie des passionnés qui ont écrit l’histoire de la vigne dans notre pays. Enseignant, professeur de mathématiques, psychopédagogue, membre de nombreuses associations ayant pour objet la vigne et la nature, il est lui-même vigneron, vinificateur et naturaliste.

L’histoire commence, il y a un certain nombre d’années, au détour des pages d’un vieux livre qui vante les vins de fruits. C’est avec un vin de cerises de Schaerbeek qu’il débute : la cerise originale pour une authentique Kriek. Une très ancienne variété de griotte répandue dans le Brabant.

Ses nombreuses lectures sur la vigne et le vin ainsi que la rencontre de quelques vignerons wallons fervents amateurs, l’encouragent dans cette démarche encore très expérimentale à l’époque. Il installe un premier vignoble à Bruxelles près du lycée français en 1989. Peu à peu, il remplace les cépages sensibles de son vignoble et plante ses premières vignes de raisins de table résistantes. Depuis il ne s’est jamais arrêté et continue recherches et pratiques expérimentales. Excellent pédagogue, il partage volontiers son savoir, sa passion fait des émules.

Le site : www.vignes.be transmet à ses lecteurs, les connaissances accumulées depuis plus de 40 ans sur la culture de la vigne en Belgique. Une vraie mine de renseignements. Un livret “Ma façade est vigne” est à la disposition de ceux qui voudraient se lancer. Marc De Brouwer y livre les données de base essentielles à connaître pour débuter sans crainte dans la culture de ses propres raisins ou, plus simplement, faire pousser sur un mur de sa maison, un pied de vigne. D’autres écrits sont en préparation maintenant qu’il est à la retraite.

Une vigne chez soi

La vigne est une plante vigoureuse mais une condition est indispensable à sa bonne santé : un emplacement chaud et très ensoleillé. Ensuite, la guider et la tailler de manière à obtenir de beaux fruits est la tâche qui incombe au jardinier. Rien d’insurmontable, cela s’apprend. Voir supra.

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Le choix du cépage est lui aussi un critère important. Les vignes proposées sur le marché ne sont pas toujours les plus adaptées à notre pays ni les plus résistantes aux maladies cryptogamiques. Le mildiou et l’oïdium sont deux pestes qui ont vite fait de déparer le feuillage et donnent au cep un air moribond. Choisir une variété résistante et précoce, c’est mettre toutes les chances de son côté.

Les variétés de vignes

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En Belgique, le climat oblige à se tourner vers de variétés précoces. Le nord du pays fait son shopping en Allemagne et aux Pays-Bas, le sud se tourne vers les cépages français. Les variétés du midi de la France ne conviennent pas à notre région.

Il existe plusieurs possibilités. En voici trois sélectionnées d’après le conseil de Marc De Brouwer pour du raisin de table :

- ‘Muscat bleu’, une variété suisse à la maturité précoce avec une bonne résistance aux maladies.

- ‘Palatinat’, une variété récente d’origine allemande. Les grains dorés sont sucrés avec un léger goût de muscat

- ‘Himrod’, un raisin blanc savoureux sans pépin pour la table. Maturité en septembre.

Où planter ?

La façade la plus indiquée est orientée sud-est et reçoit les premiers rayons du soleil. Ils assèchent son feuillage limitant ainsi les risques de développement de maladies. La vigne est peu exigeante quant à la nature du sol. Elle pousse là où d’autres cultures ne peuvent être entreprises. Sols caillouteux, sableux, arides ne la rebutent pas. Les terres trop riches la rendent très vigoureuse et prolifique en grappes de piètre qualité. Le trou de plantation est rempli d’un bon terreau humifère ou de compost bien décomposé dans lequel la plante puisera de quoi se nourrir la première année. De l’engrais organique à décomposition lente ou du vieux fumier complète le tout. Il faut veiller à l’arrosage les premières années.

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