Une croisière en mer du Nord ? J’étais sceptique comme beaucoup sans doute. J’en suis revenu conquis.

Un petite verre de bienvenue dès que vous posez le pied sur le pont.

Un membre d’équipage vous conduit ensuite à votre cabine, bien utile pour s’y retrouver entre les différents niveaux, même si le navire n’est pas un mastodonte.

C’est déjà l’heure du premier repas, un buffet, très bien fourni. "Vous prendrez 2 à 3 kilos durant la croisière", prédit Marc Deckers, Directeur de croisière. Ah bon ? Si ce n’était que deux ou trois kilos… Bienvenue, en tout cas, sur le MS Berlin.

Une croisière ? J’étais sceptique au départ, tout en étant alléché par la perspective de découvrir Guernesey, l’île de Man ou encore (London) Derry dans le cadre d’un voyage de 4 000 kilomètres qui nous a aussi emmenés en Irlande, au pays de Galles et dans le Sud de l’Angleterre. Passer près de deux semaines en mer avec les flots pour seul horizon ? À voir.. J’étais conquis au retour, avec toutefois des réserves sur les excursions.

"Une croisière, c’est changer de ville sans changer d’hôtel", résume le commandant Alberto Tarozzi. "C’est ça, voyager." C’est bien vrai.

La vie à bord, tout d’abord. Il y a des animations en journée lorsque vous êtes en mer. Tous les soirs, il y a des spectacles, avant ou après le dîner. C’est aussi une animation musicale à l’heure de l’apéro ou encore en fin de soirée. Il y a de bonnes choses sur scène, d’autres le sont moins.

Un brin frisquet

Les boissons sont payantes en dehors des repas, mais à des prix tout à fait corrects. Le cocktail du jour était à 3,90 euros. Pour apporter une petite touche belge à la croisière, de la Duvel et de la Leffe avaient aussi fait le voyage. Vous pouvez prendre, avant le repas au resto, un verre de vin sur la terrasse extérieure comme si vous alliez ensuite vous rendre au buffet. C’est bien agréable au soleil même s’il fait souvent un brin frisquet (on n’est pas vraiment dans les Caraïbes).

Et puis, il y a les repas : buffet ou à la carte, midi et soir. Vous avez le choix. Le midi, le placement est libre au restaurant : cela permet de découvrir de nouvelles personnes, francophones ou néerlandophones. Le soir, vous retrouvez toujours les mêmes convives. Mieux vaut bien s’entendre et sympathiser.

La carte ? Entrées froides et chaudes, potages, plats, desserts, fromages, fruits : difficile d’avoir fin en sortant de table. Surtout, le chef, allemand, a réussi à émerveiller les papilles des passagers. Ce n’était pas de la nourriture de cantine mais bien du niveau d’un (très) bon restaurant gastronomique. Un régal, chaque midi et chaque soir. Le vin est proposé à volonté. La bière, par contre, est payante. Mieux vaut être amateur de vin…

Les excursions. Elles sont bien entendu facultatives mais sont le complément naturel du périple. C’est le gros avantage de cet hôtel flottant : vous voyagez la nuit et êtes frais et dispo le matin après un petit-déjeuner copieux (les gaufres étaient excellentes !).

Le premier arrêt, c’est Guernesey, où vous débarquez en chaloupe, accueilli par un maître de cérémonie en habit d’époque agitant une cloche. La ville s’offre à vous, pour une petite balade, que vous pouvez effectuer en groupe sous les auspices d’un guide (excursion payante) ou par vos propres moyens, solution nettement plus avantageuse.

Cela reste en tout cas l’intérêt de ce type de croisière : découvrir un endroit où vous aurez bien peu de chance de mettre les pieds lors de vacances traditionnelles même s’il y a des liaisons maritimes depuis la Normandie et la Bretagne vers Guernesey ou encore des ferries depuis l’Irlande, l’Irlande du Nord et Liverpool vers l’île de Man.

Les horaires d’excursion - 4 ou 8 heures, avec alors panier-repas - comprennent les trajets. Cela peut-être très frustrant : 3 heures de route de Galway pour se rendre aux falaises de Moher, superbes, où vous resterez une petite heure ; c’est quand même un peu juste surtout quand cela est facturé 68 euros par personne (75 euros si vous réservez à bord). La visite de la baie de Galway et du Connemara, menée en parallèle, se fera aussi au pas de charge.

Jongler avec les horaires

Le bateau devait repartir à 13 heures pour son voyage de 285 miles marin (un peu plus de 500 kilomètres) vers Londonderry (pour les protestants) ou Derry (pour les catholiques).

Quelque 62 euros, toujours par personne, pour découvrir les murs d’enceinte de la ville (à peine plus grand qu’un mouchoir de poche) et ensuite visiter un fort, ce n’est quand même pas donné.

Les excursions ont pourtant du succès. Il est vrai que vous êtes pris en charge avant même de quitter le navire, et ce, jusqu’au retour. Vous ne devez vous préoccuper de rien et simplement vous laisser vivre, comme ce couple âgé de 96 et 92 ans qui a pu en profiter à plein.

Organiser soi-même ses excursions est jouable : il faut toutefois jongler avec les horaires et le lieu d’amarrage du bateau - il y a souvent des navettes gratuites vers le centre-ville mises à disposition par les autorités du port - des trains ou encore réserver une voiture et donc rouler à gauche. All Ways remet le couvert en 2020 avec cette fois une croisière intitulée "Les charmes des îles britanniques", dont le rare point commun avec le voyage de cet été est une escale à Dublin (le coût de l’excursion Château de Malahide et panorama côtier sera de 70 euros, contre 55 euros cette année) : le bateau sera différent, l’équipage sera différent et le trajet sera tout à fait différent. Difficile, dès lors, de vous expliquer à quoi vous attendre.

4 bonnes raisons de prendre la mer

Le prix

Bien sûr, ce n’est pas gratuit : il vous en coûtera de 2 290 euros par personne en cabine intérieure à 4 050 euros en cabine extérieure Premium pour la croisière de l’été 2020 "Les charmes des îles britanniques". Prenons l’exemple de la cabine intérieure supérieure, à 2 590 euros par personne. Il s’agit d’une croisière de 14 jours, soit 13 nuits, en pension complète et en incluant le trajet depuis le départ en car de luxe, et ce depuis Bruxelles et plusieurs villes wallonnes vers Zeebrugge. Cela fait 200 euros la nuit pour la chambre, le petit-déjeuner British et possibilité de deux repas sept services plus les boissons si vous êtes à bord le midi sans oublier les en-cas de l’après-midi avec café ou thé. Pas de frais de carburant, de péage, de vignette ou de parking. Des "surprises" sont également prévues.

L’itinéraire

L’itinéraire est bien alléchant. L’Écosse, surtout, l’Irlande et l’Angleterre sont au programme. Avec quelques petites perles au menu : Dublin, Liverpool, Cambridge, Stonehenge, Édimbourg, le Loch Lomond ou encore la Vallée des géants, à ne manquer sous aucun prétexte. C’est toutefois 110 euros par personne pour s’y rendre. Comme évoqué par ailleurs, vous pouvez aussi vous débrouiller comme un grand et louer, par exemple, une voiture depuis Belfast. De même, la cathédrale de Winchester est aussi une belle pièce qui vaut le déplacement, que vous pouvez notamment effectuer en train.

L’ambiance

C’est un peu comme un club de vacances, où tout le monde finit par connaître tout le monde, du moins de vue. À bord du navire, vous devrez par la force des choses partager vos repas avec d’autres passagers - ce sont des tables de 4, 6 ou 8 personnes - avec lesquels vous ne manquerez pas de discuter. C’est très agréable et cela fait aussi partie du voyage. De nouvelles amitiés peuvent même naître. Le personnel du MS Berlin était cordial, souriant, serviable et disponible, malgré des horaires qui ne devaient pas être tristes.

L’air du large

Il y a bien entendu la diversité des villes et des paysages que vous découvrirez au gré des escales. Humer l’air du large tout en sirotant une boisson ou non, c’est vachement agréable. Et même contempler les flots à l’infini. Vous pouvez aussi vous offrir un petit bronzage ou à tout le moins profiter du soleil sur les sièges extérieurs. Un coucher de soleil en mer est de toute beauté. Pour le lever, c’est un peu tôt quand on est en vacances.