Le musée de l’érotisme de Pigalle à Paris a fermé ses portes, faute de public et de moyens…

En marketing, une croyance populaire prétend que "le sexe fait vendre". Publicités présentant des jolies filles, des hôtesses sexy dans les salons de l’auto, des filles nues pour la PETA… Les initiatives inspirées par l’adage se sont multipliées. Force est de constater qu’à l’ère d’Internet, l’adage ne se vérifie plus spécialement. Le musée de l’Érotisme de Paris en a fait les frais. Ouvert depuis 20 ans dans le quartier de Pigalle, il a fermé ses portes début du mois de novembre.

Les raisons ? Le public manquait. Seuls les touristes osaient franchir les portes de l’antre de la luxure. Et les visiteurs venant d’autres pays se sont faits de moins en moins nombreux. Le loyer était cher. Les possibilités de déménager le musée, minimes. Résultat : ce musée qui avait en vitrine l’intrigante chaise à cunni (chaise avec une roue de langues sur l’assise) a fermé. Plus de 2.000 objets contenus dans le musée (dessins de Wolinski, statuettes, estampes japonaises…) ont été vendus aux enchères. La vente a atteint un montant total de 450.000 euros, soit trois fois plus que les estimations. Tout a été liquidé. Fin d’une histoire.

À Bruxelles, le très discret Musée de l’Érotisme et de la Mythologie, au Sablon (photo d'illustration), a choisi d’accueillir diverses expositions liées à ces thèmes, permettant aux curieux et aux amateurs d’art de découvrir les lieux. C’est là que l’exposition consacrée à "La vie sexuelle de Tintin" par Jan Bucquoy s’est tenue. Pour le visiter, il faudra débourser 10 euros. Il est ouvert du jeudi au lundi (fermé mardi et mercredi).

Et à Amsterdam ? Le Sexmuseum tient bon. Le montant demandé pour entrer n’est pas expansif : 4 euros. Mais il vieillit. Assez mal. Bien que parfois intéressant (on apprend pas mal sur l’histoire de certaines pratiques - dont le sadomasochisme et on découvre des objets détonants), le musée est minuscule. Il faut monter, descendre, monter… On ne sait pas toujours où donner de la tête. Les centaines d’objets contenus dans le musée donnent parfois l’impression d’être entrés dans une faille spatio-temporelle. On est restés dans le passé.

Sa chance - contrairement peut-être au musée de l’Érotisme de Paris - est qu’il est souvent inclus dans des visites touristiques. Si les touristes souhaitent voir le quartier rouge accompagnés d’un guide, ils ont l’entrée au musée comprise dans le forfait. Des rénovations sont souvent opérées. Les visiteurs ne sont pas si nombreux et sont majoritairement des touristes. Mais jusqu’à quand cette petite institution basée sur l’exposition de pièces coquines et de l’histoire de la sexualité tiendra-t-elle ?