La maison de repos La Moisson qui rassemble 58 lits s'organise activement pour gérer au mieux le travail du personnel, détresse des résidents et souffrance des familles.

A la maison de repos La Moisson, à Colfontaine dans le Hainaut, les mesures concernant l'interdiction des visites des familles va se mettre en place à partir de demain, jeudi. Une réunion rassemblera l'ensemble du personnel pour que la direction puisse faire part à tous des directives prises pour "la restriction drastique des visites" voulue par. "Les thermomètres pour prendre la température de tous les soignants deux fois par jour vont arriver d'ici peu", raconte Chantal Olivier, aide-soignante à La Moisson.
Afin de pouvoir contrôler les entrées, les codes des portes vont être changées. " Nous avons des digicodes pour certaines parties afin de protéger les personnes démentes du home", explique Mme Olivier.
L'interdiction des visites des familles dans les maisons de repos de Wallonie pendant les prochains 15 jours va être très difficile à faire entendre aux résidents bien sûr mais aussi aux familles. " Jusqu'à présent, nos résidents ne pensaient vraiment pas que cela puisse les toucher d'une manière où d'une autre. Ils en rigolaient même ! C'était en Chine, en Italie, à Bruxelles... Mais ici dans le Borinage, les gens ne se sentaient pas si concernés. Dans le Borinage, c'est très familial, très chaleureux et c'est vrai que les familles continuaient à se faire la bise par exemple".

Des familles viennent une à deux fois par jour

L'interdiction va être choquante et très déstabilisante pour les résidents. Chantal Olivier s'inquiète même de la réaction de certaines familles qui viennent voir leurs aînés une à deux fois par jour. " Tout le monde va souffrir, à l'intérieur bien sûr mais aussi à l'extérieur". Elle évoque alors la situation de certaines personnes démentes dont les enfants viennent tous les soirs les aider à souper. "Avec leur famille, ces personnes-là mangent mais avec le personnel, elles refusent souvent ! Comment va-t-on faire au bout de quelques jours ?", s'interroge la professionnelle de santé. Les familles auront un créneau, entre 16h et 16h30 " pour venir déposer linge, bonbons, nourritures, etc."
Le surplus de travail des aides-soignantes et de l'ensemble du personnel sera un corollaire : "Nous devons être là pour les écouter, leur parler, les rassurer". Et surtout, il va falloir gérer l'agressivité accrue pour cause d'angoisse des personnes âgées atteintes de troubles de santé mentale.
Et quid des résidents qui sont mobiles et qui ont l'habitude de sortir pour aller faire des petites courses ou se promener, se questionne encore l'aide-soignante, alors que ces sorties ont également été interdites par les institutions wallonnes.
La maison de repos, comme les 601 autres du sud du pays, s'activent donc pour adapter  au mieux dans le respect de leurs résidents, cette mesure de confinement qui est instaurée jusqu'au 31 mars pour l'instant. Toutes les réponses seront apportées à La Moisson demain par la directrice.