Paul-Loup Sulitzer fuit la France pour Bruxelles

Gilbert Dupont

L'écrivain vedette s'installe à Bruxelles

BRUXELLES , " Non" confie hier soir Paul-Loup Sulitzer, le phénomène de l'édition (45 millions de livres vendus !). "Non, ce n'est ni pour des raisons fiscales ni pour des motifs judiciaires que je quitte la France pour m'installer en Belgique. Mais parce que je suis las de la France et du parisianisme. La France est un pays merveilleux mais qui marche à l'envers et je ne crois pas que ça va s'arranger après mai 2007".

À Bruxelles, l'information est confirmée par l'avocat de l'avenue Louise, Me Guy san Bartolome, que choisit Sulitzer pour défendre ses intérêts (notamment dans un divorce difficile) : l'écrivain et homme d'affaires de 60 ans s'installe à Bruxelles, dans cette Belgique, nous dit-il, qui, "elle, respecte les droits de l'Homme ".

Avec Money , Cash , Fortune , le Roi Vert , Popov , Hannah , l'Impératrice , la Femme pressée , Kate , les Routes de Pékin , Cartel , Tantzor , Berlin , l'Enfant des Sept Mers et quelques autres, Sulitzer est dans toutes les librairies.

Depuis quelques années pourtant, les nuages s'amoncellent sur ce fils d'émigrant au destin fabuleux, né à Boulogne-Billancourt, orphelin à 10 ans, aventurier dans l'âme, golden boy à Saint Tropez, collectionneur des plus jolies filles.

De sérieux ennuis de santé (pas perdus pour tout le monde). Plus récemment, l'affaire Falcone lui vaut de s démêlés avec le parquet de Paris. "J'ai beaucoup d'ennuis financiers", dit-il hier soir (contacté dans sa vieille Mercedes). Mais la bête n'est pas morte : "Je vais les arranger. Rien ne m'arrêtera. Sauf la mort ".

La Belgique ? "J'adore. Ma première petite amie était belge, la fille d'un général. J'avais 16 ans et demi" .

La France ? "N'est pas le centre du monde". Les Belges :" J'adore la convivialité belge. Les Belges savent recevoir, s'amuser. Je me sens bien chez vous. Les Français sont prétentieux et coincés. Certains du moins" .

Des projets ? "Mes mémoires. Et d'autres dont je ne parlerai pas pour l'instant" . A demi-mots Sulitzer n'exclut pas de lancer une maison d'édition : ça, il connaît.

Après Emmanuelle Béart, Bruno Solo, Miossec, Henri Leconte, Johnny et peut-être Arthur (mais il dément), Paul-Loup Sulitzer découvre à son tour les charmes du plat pays.

Hier soir, on sent l'homme fatigué - "Beaucoup de gens se sont montrés très injustes avec moi" - mais la voix s'enflamme dès qu'il est question de moules-frites, d'Uccle, de Knokke et du Sablon, trio de tête des endroits que Sulitzer, le flibustier des lettres françaises, se promet de découvrir dans son pays d'accueil. Mais pas question, dit-il, de chercher à obtenir la nationalité. "Non, ça, ce n'est pas encore au programme"



© La Dernière Heure 2006

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