Cristina d’Espagne et Inaki Urdangarin: le divorce est en marche

Les négociations sont en cours. Il n’y aura pas de machine arrière.

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©AFP

Trois mois après le coup de tonnerre médiatique que fut la publication par le magazine "Lecturas" de clichés montrant Inaki Urdangarin, époux de l’infante Cristina d’Espagne, se promenant au bord de la mer au Pays basque français avec une autre femme, l’ancien joueur de handball ne cache absolument plus sa relation sentimentale avec Ainoha Armentia.

Le mariage en octobre 1997 de la seconde fille du roi Juan Carlos avec le médaillé olympique Inaki Urdangarin avait été perçu comme un véritable conte de fées. Les mariés s’étaient rencontré lors des jeux olympiques d’été 1996 à Atlanta. Au retour à Barcelone où lui jouait pour l’équipe de handball du FC Barcelone et où l’infante travaillait pour la fondation La Caixa, ils avaient entamé une relation amoureuse. Inaki se séparant dans l’intermède de sa fiancée. Les fiançailles n’avaient pas tardé et leur union célébrée à Barcelone avait été un jour de grande liesse populaire.

Tout semblait alors sourire au jeune couple. Après les jeux olympiques de Sydney, Inaki Urdangarin dont la mère est anversoise, avait arrêté la compétition et s’était remis aux études de marketing. Quatre enfants vinrent couronner cette union : Juan, Pablo, Miguel et Irene.

Inaki s’était reconverti en tant que consultant à travers la Fondation Noos. Il conseillait des administrations pour des projets sportifs. Les Urdangarin-Bourbon avaient entre-temps quitté leur appartement de l’élégante avenue de la Diagonale pour s’établir dans une vaste propriété du quartier huppé de Pedralbes. On ne comptait plus les chambres et salons du bien, doté aussi d’une piscine. Cet achat à plus de 6 millions d’euros hors travaux d’aménagement avait surpris. On imaginait alors, à tort, que le roi Juan Carlos avait mis la main au portefeuille.

Inaki, gendre idéal, poursuivait son ascension professionnelle. Il fut nommé par la compagnie de téléphonie Telefonica à Washington. À nouveau, on s’interrogea sur les capacités visiblement exceptionnelles de l’époux de l’infante pour être désigné à un tel poste. La famille déménagea à Washington où elle vécut dans une villa très cossue payée par l’employeur d’Inaki. Les enfants étaient scolarisés au lycée français.

Novembre 2011, l’affaire Noos éclate au grand jour. Un élu d’opposition des Baléares remarque que l’Institut Noos a été payé pour une prestation (un colloque) qui n’a en fait jamais eu lieu. C’est le début de la fin pour Inaki qui entraîne dans sa chute sa femme et quasiment la monarchie. Il est accusé de détournement de biens publics pour près de 6 millions d’euros. La Cour l’écarte de la vie publique.

Le temps que la justice instruise le dossier, Urdangarin est remercié par Telefonica, la famille revient à Barcelone où la situation devient vite intenable en raison de la pression médiatique. Lorsqu’Inaki accompagne ses fils au sport, il est insulté et conspué. C’est une très dure épreuve pour la famille et en particulier les quatre enfants qui subissent moqueries et railleries à l’école. Cristina d’Espagne fait le choix de s’éloigner de la famille royale, surtout de son père et de son frère qui ne la soutiennent pas. Il lui est même conseillé de se séparer de son époux, ce qu’elle refuse.

L’instruction du dossier est aussi un moment de grand déballage de leur vie intime avec des mails qui sont rendus publics. On découvre qu’Inaki est en fait avide d’argent, ne se prive pas pour critiquer des proches notamment sur leur physique et a une relation extraconjugale. On apprend ainsi qu’il a sollicité Corinna Larsen, alors amie de cœur du roi Juan Carlos, pour lui dégoter un poste bien rémunéré.

Habile experte en relations publiques, Corinna lui propose en effet un poste au sein d’un conseil d’administration mais les émoluments ne sont pas assez élevés selon Urdangarin. Corinna qui connaît son métier, lui indique qu’il s’agit d’une opportunité à saisir compte tenu de son CV. L’affaire en restera là.

Le couple se retrouve sur le banc des accusés. Pendant de longues heures, l’infante expliquera comme un disque rayé qu’elle ignorait que la carte de banque de la fondation Noos avait servi à se payer des cours de salsa, un buffet d’anniversaire japonais et autres achats d’habits pour leurs enfants. On avait fait confiance à la bonne foi de son époux.

Février 2017, l’infante s’en sort avec une relaxe et 265.000 euros d’amende. Inaki Urdangarin écopa de 6 ans et 3 mois de prison, peine ensuite revue à 5 ans et 10 mois. La famille était alors installée à Genève où leur anonymat était davantage garanti. Inaki n’avait pas retrouvé d’emploi depuis la fin de son contrat à Washington. L’infante travaillait toujours sur les projets humanitaires de La Caixa et pour le réseau Aga Khan, grands amis du roi Juan Carlos.

Juin 2018, Inaki qui a activé toutes les procédures de recours, entre à la prison de Brieva. On ne peut qu’imaginer le drame personnel que représente cette situation pour les protagonistes et leurs enfants. La reine Sophie d’Espagne multiplie les visites à Genève, tout comme l’infante Elena qui se rend aussi à la prison pour voir son beau-frère.

De son côté, Inaki se consacre à des exercices de gymnastique, à la lecture (186 livres) et reçoit les visites d’un aumônier. Son séjour carcéral le métamorphose. Il est habité de la colère de ne pas avoir été soutenu par la Cour, d’avoir été le lampiste d’une affaire qui l’a dépassé. Au fil des mois, il bénéficie de permissions jusqu’à pouvoir loger dans un centre où il travaille comme bénévole, puis chez sa mère à Vitoria. C’est dans cette ville qu’il a décroché dans le cadre de sa réinsertion un job au sein d’un cabinet d’avocat.

La famille voit doucement la lueur au fond du tunnel puisque Inaki pourra être libre au printemps 2022. À Noël 2021, l’infante et son époux se retrouvent pour skier dans les Pyrénées. On les voit se promener main dans la main dans les rues de Vitoria ou assister aux matches de handball de leur fils Pablo. L’infante comprend que quelque chose s’est brisé chez Inaki mais elle mise sur le temps pour que les choses redeviennent comme avant. Pour Inaki, il n’y aura plus jamais un retour en arrière. Il veut aller de l’avant et se construire une nouvelle vie.

Cette nouvelle étape porte un nom : Ainoha. Elle aussi mariée et mère de deux enfants, travaille dans le même cabinet d’avocats. Depuis l’automne 2021, leur relation s’est consolidée mais c’est la publication des photos dans la presse qui donne un coup d’accélérateur aux plans d’Inaki.

Pour l’infante qui réside toujours à Genève avec sa fille Irene, le coup est très rude. Cette nouvelle incartade de son époux ne semble pas être une passade. La pression médiatique est inimaginable. Photographes et caméras devant le cabinet d’avocats pour voir les amants sortir séparément. Les entourages respectifs d’Inaki et de Cristina tentent de calmer le jeu. Il ne serait nullement question d’un divorce. Au vu de la situation, un communiqué précise quelques jours plus tard que le couple a décidé de faire une pause dans sa situation matrimoniale. Cristina mise toujours sur une réconciliation, elle est la seule à le vouloir.

Trois mois ont passé. Cristina qui avait tant attendu ce printemps 2022 pour reconstruire une vie de famille, a pris la décision de divorcer. Les négociations sont en cours. Il n’y aura pas de machine arrière. Inaki et Ainoha ne se cachent plus. Ils vont au yoga, au restaurant ou se promènent bras dessus, bras dessous.

L’infante Cristina et Inaki Urdangarin auraient dû fêter leurs 25 ans de mariage en octobre prochain.

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