Hamzah de Jordanie : la déchéance d’un prince

Le Conseil royal a décidé de restreindre définitivement ses libertés de mouvement et de communication.

Hamzah de Jordanie : la déchéance d’un prince
©AFP

Clap de fin sur la saga familiale qui agite la Cour royale jordanienne depuis un an. C’est par un long communiqué officiel que le roi Abdallah de Jordanie a expliqué chronologiquement et en détail la décision prise par le Conseil royal de restreindre définitivement les libertés de mouvement et de communication de son demi-frère et ancien prince héritier, le prince Hamzah.

Rétroactes. Il y a un an, le prince Hamzah, fils aîné du défunt roi Hussein et de sa dernière épouse la reine Noor, est impliqué dans une tentative de déstabilisation du pouvoir avec d’autres dignitaires et l’appui d’une puissance étrangère non mentionnée mais qui s’avère être l’Arabie Saoudite. Le prince Hamzah a été l’héritier du trône de 1999, date de la mort de son père et de l’accession au trône de son demi-frère le roi Abdallah à 2004.

À cette époque, le roi Abdallah avait justifié ce choix afin de lui permettre d’être plus libre dans ses activités. Il semble en fait que le prince Hamzah était déjà en proche contact avec des mouvements religieux fondamentalistes qui avaient pour objectif d’installer un pouvoir moins libéral. Le prince a toujours dénoncé également la corruption dans les différentes franges de l’État. S’il jouit d‘une popularité dans certains milieux, le prince Hamzah est cependant loin d’attirer un engouement populaire.

Placé depuis cette tentative de sédition en résidence surveillée dans son palais d’Amman, le prince continuait à avoir accès aux réseaux sociaux et à ses avoirs financiers. Marié à deux reprises, il est père de sept enfants.

En mars dernier, il publie un communiqué effectuant clairement une courbe rentrante. Il remercie son demi-frère le roi Abdallah pour sa compréhension, sa patience et sa tolérance. Il affirme avoir compris de ses errements et demande que la page soit tournée. La Cour souligne qu’il s’agit d’un premier pas vers une progressive normalisation de son statut au sein de la famille royale mais un mois plus tard, coup de tonnerre.

À nouveau de manière unilatérale, le prince Hamzah informe qu’il ne souhaite plus porter le titre de prince. Sans le dire ouvertement, il pointe du doigt la corruption des hautes sphères incluant le souverain. Depuis silence radio des deux côtés jusqu’à ce communiqué royal.

La décision de restreindre les moyens de communication et les mouvements du prince, a en fait été prise le 23 décembre dernier. On peut imaginer que c’est cela qui a motivé l’acte de repentance du prince en mars avant de se rendre compte qu’au final les choses ne se rétabliraient jamais.

Le roi Abdallah évoque l’arrogance du prince Hamzah, des plaintes quant à son attitude autrefois au sein de l’armée, ses protestations perpétuelles alors qu’il vit dans le luxe aux frais de la cassette personnelle du monarque.

Pour Abdallah de Jordanie, cela en est trop. Hamzah représente un danger pour la stabilité du pouvoir. Les différentes entrevues familiales notamment sous l’égide de leur oncle le prince Hassan, n’aboutissant qu’à des déclarations inopportunes et non conformes aux accords familiaux conclus.

Sa mère la reine Noor qui a toujours pris le parti de son fils, écrit sur Twitter qu’il y a eu un problème lors de la période de Ramadan. Le prince a voulu sortir de sa résidence pour aller prier. Des gardes auraient marqué leur accord et d’autres pas, générant des tensions.

Le communiqué souligne que sa famille n’est pas visée par cette mesure, n’ayant pas à porter le fardeau de ses errements. Le prince Hamzah restera donc entre les murs de son palais, privé de contacts et de réseaux sociaux.

Hamzah de Jordanie est âgé de 42 ans. C’est encore jeune pour vivre dans une prison dorée mais cette fois, la déchéance est prononcée. Sans appel.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be