Alain Delon se confie dans La Libre Match, dans une interview croisée avec Christine Angot

BRUXELLES A demi-mot, on comprend, en lisant le long entretien publié dans La Libre Match, que la rupture de Delon et sa compagne Rosalie ne date pas d'hier. Que, depuis un petit temps, déjà, l'acteur vit seul. Et en souffre. Mais ne s'en plaint pas. Car, comme il le dit lui-même, `on n'est pas fait comme les autres. Des écorchés vifs..., se référant aux artistes. Tout n'est que sensibilité. Chaque matin, je me réveille, c'est dur... C'est difficile, quand on est moi, de dire à quelqu'un: Je suis un monstre de solitude. Personne ne comprend.´

A part, peut-être, la romancière Christine Angot (auteur de Pourquoi le Brésil?, chez Stock), qui dit s'être trouvé de nombreux points communs avec la star. `Etre artiste, c'est affronter sa vie intérieure, affirme-t-elle. Et sa vie extérieure. On est fragiles... Il faut faire attention aux artistes.´

Delon, lui, entre deux considérations sur la célébrité et sur le cinéma (`Mes plus beaux rôles sont derrière moi. Je préfère vivre avec ces images plutôt que me retrouver CRS dans un film de Kassovitz.´ Pour rappel, il tenait le même discours, dans le même magazine, il y a déjà deux ans!), ouvre son coeur et raconte sa rupture. Pourquoi son histoire s'est terminée? `C'est certainement une question de génération: trente-deux ans nous séparent. A 20 ans, Rosalie m'a donné ses plus belles années. En contrepartie, elle veut rattraper sa vie.´

Et plus loin: `Hélas! Il y a toujours ce putain de bras de fer. C'est si difficile. A la lumière de toutes mes expériences, je me demande si les hommes sont faits pour vivre avec les femmes. Je n'arrive toujours pas à les comprendre. Je mourrai sans vous avoir comprises...´

© La Dernière Heure 2002