L’imitateur André Lamy, qui fête ses 30 ans de notoriété, nous présente sa fille, Morgane, passionnée de la scène.

"Il y a bien un moment où les gens vont remarquer que je suis un imposteur !" (rire), lance André Lamy quand on lui parle des trente ans de notoriété qu’il a, en quelque sorte, fêtés le mois dernier en montant sur la scène du Comédie Centrale de Liège avec son spectacle Lamy ne fait pas le moine. "J’étais aphone le premier soir car la machine à fumée s’est déréglée et j’ai inhalé de la fumée pendant 25 minutes. J’ai mis trois jours pour récupérer ma voix mais j’ai joué parce que je ne rembourse jamais !" (rire), raconte l’imitateur de Votez pour moi (RTL) avec l’humour qu’on lui connaît bien.

Parmi ses plus grandes supportrices, on retrouve sa fille de 21 ans, Morgane Laloux - elle a pris le nom de sa maman comme nom de scène -, étudiante en dernière année du Master en Art dramatique au Conservatoire de Bruxelles. "Je viens voir tous ses spectacles car j’aime beaucoup ce qu’il fait, mais je préfère quand il chante et imite de vieux chanteurs", nous explique la jeune femme que nous avons eu l’occasion de rencontrer lors d’un shooting organisé au Théâtre du Vaudeville de Bruxelles.

C’est un humour auquel vous accrochez ?

M.L. : "Oui, j’ai grandi là-dedans donc j’accroche bien. Mais, mon père me fait plus rire dans la vie que sur scène."

Quel genre de papa êtes-vous André ?

A.L. : "Un papa gâteau !"

M.L. : "Oui, c’est le moins strict de mes deux parents, le plus relax. Mais il est un peu plus lourd parfois !" (rires)

A.L. : "Elle a parfois honte de moi. Quand je fais des conneries en rue, elle marche cinq pas devant moi en me disant que je ne suis pas son père." (rires)

Vous n’évoluez pas dans les mêmes domaines mais est-ce votre père qui vous a donné cette passion pour la scène ?

M.L. : "Inconsciemment, oui. Quand on voit son papa sur scène depuis toute petite, on a forcément ça en nous. Puis, ça rend les choses possibles."

A.L. : "Quand elle était toute petite, elle disait : Quand je vois mon papa sur scène, c’est plus mon papa . Pour elle, c’était une autre personne, bizarrement."

Avez-vous également un don pour l’imitation comme votre papa ?

M.L. : "Non… Enfin, oui, j’imite bien Véronique Sanson. (rires) Mais, il n’aime pas, il a peur que je lui vole la vedette !" (rires)

Peut-on envisager de vous voir sur scène en duo ?

A.L. : "Oui, pourquoi pas ! Il faudrait trouver le bon sujet et trouver un juste milieu car elle fait du théâtre et moi, du music-hall."

André, que pensez-vous de votre fille sur scène ?

A.L. : "Je l’ai vue plusieurs fois sur scène et je suis convaincu, et je ne suis pas le seul, qu’elle doit écrire ses propres spectacles. Elle se sent encore mieux dans la peau des personnages qu’elle écrit."

M.L. : "Pour le Festival Courants d’airs, j’ai coécrit avec Morgane Gérôme, une amie du Conservatoire, une pièce de théâtre qui s’appelle Une tarte ratée . La pièce a été reprise à La Samaritaine de Bruxelles du 25 au 29 avril 2017."

Demandez-vous souvent des conseils à votre papa ?

M.L. : "… D’abord à ma mère !’ (rires)

A.L. : "À chaque fois qu’elle sort de scène, elle me demande ce que j’en ai pensé. Enfin… d’abord maman ! L’avis de maman compte plus et ensuite, professionnellement, mon avis compte un peu aussi." (rires)

André, quand vous avez appris que votre fille voulait devenir comédienne, l’avez-vous mise en garde concernant l’univers parfois dur de ce métier ?

A.L. : "Oui, je l’ai bien dégoûtée. Se faire une place dans ce métier n’est pas quelque chose de facile. On a deux métiers très différents. Moi, je produis moi-même mes spectacles, les écris ou les coécris. Je ne dois pas être désiré par un producteur. C’est le public qui doit me désirer. Elle, doit attendre qu’on l’appelle et que des metteurs en scène aient envie de travailler avec elle. C’est le plus beau métier du monde mais le plus difficile aussi. C’est pour ça que j’essaie de lui faire découvrir beaucoup de choses depuis qu’elle est petite. Je lui ai toujours dit que dans le métier qu’elle veut faire, c’est la culture qui va la différencier des autres. J’ai vu plein de jeunes comédiens et comédiennes incapables de citer deux films de Renoir ou de Carné. J’estime que quand on fait ce métier, on s’intéresse à tout ce qui concerne ce métier. C’est mon opinion. Si c’est juste pour se montrer, il n’y a pas d’intérêt."

Morgane, êtes-vous une collectionneuse comme votre papa ?

M.L. : "Non, pas vraiment. J’aime ses livres et ses films mais le reste… Moi, je collectionne les vêtements !" (rires)

André, vous revenez également à la télévision avec Votez pour moi à partir de ce dimanche. Vous qui avez vu naître l’émission radio, vous attendiez-vous à ce qu’elle passe le cap des dix ans (en mai prochain) ?

A.L. : "Pas du tout. Quand on est arrivé en 2007, la satire politique en radio était pratiquement inexistante en Belgique. En France, c’était déjà un sport national. On a d’ailleurs eu du mal à l’imposer. Tout le monde n’était pas d’accord à RTL.On était deux à y croire : Jean-Jacques Deleeuw et moi. Au départ, il y avait vingt numéros sur six semaines. Ça a tâtonné deux, trois jours. Chez RTL, on pensait que c’était de l’argent dépensé pour rien puis ça a décollé. Et, je ne m’en lasse toujours pas depuis toutes ces années."

Une tarte ratée, du 25 au 29 avril 2017 à La Samaritaine de Bruxelles. Infos et réservations au 02/511.33.95 ou en envoyant un mail à samaritaine@skynet.be.

Lamy ne fait pas le moine, du 17 novembre au 11 décembre 2016 au Comédie Centrale de Liège. Infos et réservations au 04/254.05.00 ou sur www.liege.comediecentrale.com. Du 19 janvier au 9 février 2017 au Comédie Centrale de Charleroi. Infos et réservations au 071/30.50.30 ou sur www.charleroi.comediecentrale.com