France 2 diffuse ce mardi soir une interview d'Anne Sinclair, qui revient sur son histoire avec DSK, ses infidélités et la fameuse affaire du Sofitel.

Un goût de trop peu au vu des longs extraits de cet épisode d’"Un jour, un destin", qui se conclut par une interview en exclusivité d’Anne Sinclair. Mais dont la teneur ne sera révélée qu’à l’antenne. Appâtés par une accroche sulfureuse sur l’affaire DSK, nous nous laisserons d’abord embarquer dans le récit nostalgique du parcours étonnant, flamboyant, de la journaliste vedette.

Un album photos revisité par ses amis d’enfance, par son ex-mari Ivan Levaï, par les journalistes Robert Namias ou Alain Duhamel, par les biographes Marc Tronchot et Alain Hertoghe, par la conseillère du couple Sinclair-DSK Anne Hommel, ou encore par ses proches, les Frydman, Dan Franck, Elisabeth Badinter, Marie-Hélène Uri…

Les voix, multiples, se répondent à l’unisson pour décrire cette femme exceptionnelle, héroïne d’un roman aux multiples chapitres. Le genre de destin dont raffole cette collection de documentaires proposée et présentée par Laurent Delahousse. Malgré un ton dramatique, qui pourrait en agacer plus d’un, ce nouveau récit demeure tout de même rudement efficace.

Anne Sinclair est la fille de résistants juifs exilés à New York et la petite-fille du marchand d’art Paul Rosenberg. Malgré la fortune familiale, Anne Sinclair a été éduquée à l’excellence. On raconte ici les méthodes de cette école privée laïque d’élite où les mères surveillaient les progrès de leur progéniture au sein même des classes. Anne rentre parfaitement dans ce cadre, sans recevoir toutefois de réelle affection maternelle. C’est la tendresse de son père, Robert Sinclair, qui lui donnera "l’assurance et la possibilité d’une grande ambition", explique Laurent Delahousse.

Avant de revenir sur le mélodrame new-yorkais, raconté presque heure par heure, il est d’abord question de la passion d’Anne Sinclair pour la politique et de son ascension professionnelle jusqu’au sacre de "7 sur 7". Retour aussi sur le soutien d’Anne Sinclair à François Mitterrand en mai 1981. Ce qui ne l’empêchera pas de cuisiner, sans concession, le Président socialiste en février 1989 sur l’affaire Pelat.

On s’attardera encore longuement sur la rencontre avec Dominique Strauss-Kahn en 1988 sur un plateau de TF1 et sur la relation clandestine qu’ils entretiendront longuement avant que la journaliste n’accepte le divorce avec Ivan Levaï. Ce dernier, dans une attitude quasi chevaleresque, ira jusqu’à rencontrer DSK pour lui dire, "Je te la confie", comme Robert Sinclair l’avait fait avec lui quelques années plus tôt… Ainsi va ce roman, en rose et noir. Tantôt piquant. Tantôt trop lisse.

Des extraits révélés, à quelques heures de la diffusion

Alors que l'entretien exclusif avec Anne Sinclair sera diffusé ce mardi soir sur France 2, nos confrères du Figaro ont pu s'en procurer quelques extraits. On y entend une Anne Sinclair qui confie n'avoir jamais accordé du crédit aux rumeurs sur les mœurs légères de son ex-époux à l'époque de leur mariage: "Quand j'ai épousé Dominique, je savais que c'était un charmeur, que c'était un séducteur. Ça, je le savais. Et puis, il y a eu bien entendu, dans la vie publique, des rumeurs. Mais les rumeurs, elles sont faites pour détruire, pour tuer, pour abîmer. Donc, je les ai ignorées."

Si elle admet avoir douté de son mari, Anne Sinclair n'a jamais su pour ses infidélités: "Souvent, je suis venue lui demander si les choses étaient exactes ou pas. Et il savait démentir, et me rassurer. Vous me croyez ou ne me croyez pas, mais je ne savais pas."


*Un jour, un destin : Anne Sinclair, le prix de la liberté. Documentaire. France 2, 20 h 45.