Anne Sinclair s'est confiée pour la première fois sur France 2, dans "Un jour, un destin", sur sa vie privée et notamment sur l'affaire DSK. "Depuis trois ans, je n'ai pas parlé. Maintenant, je me suis dit que je pouvais répondre à quelques questions, je dis bien quelques questions, tant que ça n'entache pas la pudeur qui est la mienne. Je n'aime pas le déballages et l'étalage de soi."

Il n'y aura pas eu de coup de foudre avec Dominique Strauss-Kahn lors de leur première rencontre à la télévision. "Je n'avais pas le sentiment d'être l'épouse d'un homme public" , dira-t-elle sur sa relation. "J'ai arrêté 7 sur 7 pour ma propre liberté et pas pour un homme. Je faisais cette émission depuis 14 ans, j'étais un peu lassée. Je n'ai pas consulté mon mari. On m'aurait vu comme la femme du ministre et plus comme moi", confiera Anne Sinclair à Laurent Delahousse.

"Les attaques contre les gens qui me sont proches me font mal. Je lui disais quand ce qu'il disait n'était pas bien. Il était grand et se débrouillait seul. (...) J'aide quelqu'un qui est mon époux à faire son métier et je l'aide comme je peux". Quand Anne Sinclair annonce qu'elle ne veut pas d'un deuxième mandat de son mari à la tête du Fonds Monétaire International, la journaliste de 65 ans dira ne pas l'avoir fait exprès et ne pas avoir provoqué l'agenda dans le cadre des présidentielles en France. "Je craignais beaucoup cette campagne. La politique est un monde cruel et je ne voulais pas aller arroser les plantes."


Le ciel lui tombe sur la tête à plusieurs reprises

Et puis en 2011, l'affaire DSK est révélée au grand jour. Dominique Strauss-Kahn est alors accusé d'avoir agressé sexuellement Nafissatou Diallo, une femme de chambre de l'hôtel Sofitel à New York. "Lorsque l'affaire éclate, j'ai bien compris que c'est une affaire gigantesque qui mobilise tout le monde. Parfois, je me demande si cette histoire a vraiment existé ou si je vis un cauchemar. Voir les journalistes devant ma porte et voir mon mari en prison, tout ça a été extrêmement violent. Beaucoup de journalistes m'ont étonné par leur impudeur", expliquera la femme trompée.

Anne Sinclair soutiendra son mari et ne croira pas aux accusations dont il fait l'objet. "Je pensais que c'était une affaire ponctuelle. A aucun moment, je n'ai cru à cette affaire. Je pense que c'est un comportement sot, stupide, incohérent que Dominique a pu avoir à la veille d'une élection. Ce n'était pas à la hauteur ni de l'homme que je croyais qu'il était ni du destin qu'il ambitionnait".

Interrogée sur l'éventualité d'un "complot", elle conclut : "il n'y a pas eu de complot, je pense qu'il y a eu une volonté d'amplifier beaucoup les choses auprès des autorités new-yorkaises. Je pense que les autorités françaises n'ont pas été totalement neutres mais je ne veux pas en dire plus", confiera Anne Sinclair.

Pressé par Laurent Delahousse sur le comportement de Nicolas Sarkozy, Anne Sinclair se fera discrète. "Je n'ai rien à dire à Nicolas Sarkozy. Je n'ai rien à lui reprocher. Je garde mes reproches pour moi. Il en a profité, c’était le jeu politique."

"Je me suis protégée un temps de la télévision, des journaux. je n'ai pas regardé les images du procès", déclare aussi la journaliste. "Lors du coup de fil, je ressens le désarroi. Lors de cette année 2011-2012, le ciel m'est tombé plusieurs fois sur la tête. J'étais inquiète pour lui. C'était tombé de haut pour lui."


Une confiance à toute épreuve

"Quand j'ai épousé DSK, je savais que c'était un charmeur, un séducteur. Dans la vie publique, il y a des rumeurs, mais les rumeurs, elles sont faites pour détruire (...) donc je les ai ignorées. J'ai eu des doutes. Il savait me rassurer. Je sais que ça peut paraître idiot. Vous me croyez ou vous ne me croyez pas, mais je ne savais pas. On ne quitte pas un homme quand il est à terre. En revanche, quand j'ai appris des choses, on fait des choix. Je crois que j'ai vécu dans le déni. Sans doute n'ai-je pas voulu entendre, voir, chercher. J'ai fait confiance. C'est mon tempérament."

A propos de l'accusation de viol, l'opinion d'Anne Sinclair ne varie pas: "Je n'y ai pas cru, je ne le crois pas et je sais que ce n'est pas le cas".

"J'ai eu l'impression que les 35 jours passés à Tribecca étaient beaucoup plus longs. On a réussi à se parler, mais ce n'était pas le moment. Comme je ne savais rien, je n'ai pas le sentiment d'avoir accepté. J'ai eu l'impression de me battre avec un homme qui était injustement accusé. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans cette affaire du Sofitel", affirmera Anne Sinclair.

Concernant le pardon à son ex-mari, "Je suis passée par tout une gamme d'émotions et de réactions. Cette histoire est maintenant derrière moi. Ma vie privée est redevenue privée", conclura la journaliste.