“Depuis un an, j’ai tourné dix jours (le spot publicitaire “Barlos”, la série Netflix “Grond” -"Terre"- des réalisateurs belges de "Bad Boys For life", Adil El Arbi et Bilal Fallah, NdlR.), c’est horrible !", déplore le comédien belgo-marocain de 40 ans. "Heureusement que je reviens d’un tournage de deux mois au Maroc où j’ai tourné avec le rappeur Lartiste et Samy Naceri de Taxi. Et il va super bien, j’adore ce mec. Tout ce qu’on dit sur lui, c’est du blabla ! Lui, il a été commenté avant qu’on ait inventé les commentaires sur internet !”

“Quand nos virologues rentrent chez eux, ils sont en train de se toucher en regardant ce qu’ils ont dit à la télé”

À l’instar de ses coups de gueule qu’il partage sur son compte Instagram, Mourade Zeguendi n’a pas sa langue en poche sur nos dirigeants qui l’énerve. Et l’acteur aime le faire savoir. Positif et rigolo dans la vie de tous les jours, Mourade Zeguendi observe juste sa Belgique natale et pointe souvent du doigt là où ça fait mal. “Je ne pointe pas du doigt nos politiques, je les pointe du poing et de ma main tout entière, précise-t-il. Tous les pays sont politisés mais on est surtout dans un pays où nos gens qui nous gouvernent font tout et n’importe quoi. Surtout des mecs qui sont scientifiques ou virologues. Ils ont raison de nous dire cela par rapport à leurs études mais ils ne vivent que pour ça. Ils sont dans les microbes et microscopes toute leur vie. Quand ils rentrent chez eux, ils sont dans leur grande maison, ils boivent du vin et sont en train de se toucher sur ce qu’ils ont dit à la télé. Eux, ils mettaient déjà du gel hydroalcoolique en allant à l’école.” Avant d’ajouter : “Allez dire à n’importe qui de rester un an sans rien faire parce que les autres ont peur de mourir. Si demain, je me fais écraser par une voiture et que je meurs… j’aurais perdu un an à attendre quoi ?

“Ça suffit d’être poli, gentil et patient, la blague a assez duré !”

Deux fois par mois, Mourade Zeguendi va donc sniper son “beau pays” et “essayer de dire, avec un peu d’humour, ce que tout le monde pense tout bas par rapport à tout ce bordel. Ça fait un an que ça dure !” Et la RTBF lui donne carte blanche pour balancer tout cela sur le ton de l’humour. “C’est bon, il faut qu’on arrête d’être poli, gentil et patient, ça suffit !”, poursuit celui qui est ravi de pouvoir s’exprimer en toute liberté sur le service public (“fallait pas me le dire deux fois !”, sourit l’acteur bruxellois). “C’est bien d’aller faire du vélo le dimanche mais faut-il encore avoir de l’air dans les pneus ! On nous a coupé l’herbe sous le pied : on ne respire pas, on ne mange plus, on ne travaille plus et on attend. Mais qu’est-ce qu’on attend ? Je ne sais pas.” Mourade Zeguendi évoque ces “fausses promesses” politiques. “On nous dit qu’on peut traverser notre maison pour aller jouer dans le jardin, faire un chateau de sable à Middelkerke,… allez, ça suffit ! Il y a des gens qui se suicident ou qui, psychologiquement, sont atteints ou déprimés. La blague a assez duré !”

“Des gens meurent à petit feu aujourd’hui mais pas à cause du Covid”

Le comédien ne craint pas les commentaires à son égard pour son franc-parler. “J’ai toujours été quelqu’un qui a été commenté, confesse-t-il. Soit parce que je suis marocain, soit parce que je dis des choses qui déplaisent. Or, tout n’est de la logique pure. Il y a eu des morts, il y a cette maladie et c’est vrai qu’elle existe. Mais elle n’est pas pire qu’un cancer des poumons ou autre maladie. On n’arrête pas tout pour si peu. Cela paraît inhumain ce que je dis mais ce qu’on vit depuis un an est inhumain ! S’ils avaient géré la situation beaucoup mieux, il y aurait peut-être eu moins de morts et on serait plus vivant. Nous, les vivants. Pour le moment, il y a quelques morts, c’est certain. Mais il y en a surtout beaucoup qui meurent à petit feu et pas à cause du Covid.”

“Je peux faire la file chez Ikea ou aller dans un métro ? Je peux donc aller au cinéma”

Sa solution pour une reprise de la culture est simple. “ On fait comme pour les supermarchés, conclut-il. Les chiffres, je m’en bas les couilles comme disait Kevin De Bruyne. Pour moi, on est tous responsable et tous des adultes. On fait attention, on respecte les gestes barrières (masques, gel, etc.) mais on a le droit d’aller s’asseoir durant deux heures pour aller voir un film dans une salle désinfectée. Si je peux aller faire la file une heure chez Ikea ou être une heure dans un métro en croisant 400 personnes dans la même rame, alors je peux aller au théâtre. Arrêtons le foutage de gueule, il a assez duré !”

© RTBF/Tipik