L’ancienne reine était présente à l’enterrement de la sœur aînée de Juan Carlos.

Le décès à l’âge de 83 ans de l’infante Pilar, duchesse de Badajoz, sœur aînée du roi Juan Carlos d’Espagne, a profondément ému. L’infante était une personne très directe, très franche et très joviale qui a laissé une grande empreinte. Si conformément à ses dernières volontés, elle a été incinérée dans la plus stricte intimité, deux messes en sa mémoire ont ensuite été organisées au Monastère de l’Escorial (où l’infante aura dû normalement être inhumée) puis en la cathédrale de l’Almudena à Madrid.

À L’Escorial, la famille royale au grand complet, plusieurs membres du Gotha et de la noblesse espagnole étaient présents. Parmi eux, la princesse Beatrix des Pays-Bas.

On le sait peu mais l’ex-reine est une proche amie du roi Juan Carlos. Ce dernier au moment de son abdication un peu plus d’un an après celle de Beatrix, s’est souvent tourné vers cette amie pour avoir des conseils dans la manière de gérer et organiser sa nouvelle vie qui dans un premier temps impliquait encore des activités officielles. Aujourd’hui, Juan Carlos s’est complètement retiré de la vie officielle tandis que Beatrix assure encore un agenda allégé fortement centré sur ses centres d’intérêt sociaux et culturels.

Lorsqu’elle devient reine en 1980, le style de Beatrix des Pays-Bas tranche nettement de celui de sa mère la reine Juliana. Sous son règne, on parlait de "monarchie à bicyclette" tellement la souveraine était d’une grande simplicité. Au moment de prendre possession du Palais de Noordeinde à La Haye, un membre du personnel s’adressa à la nouvelle reine par un "Madame" comme pour sa mère. La réponse de l’intéressée fusa : "Majesté". Le tempo était donné.

Et pourtant Beatrix des Pays-Bas s’est révélée au fil des ans à ses compatriotes. On la disait femme de poigne et ambitieuse, les aléas de la vie et ses malheurs intimes (la dépression profonde puis la maladie de son époux le prince Claus) ont finalement montré une femme très humaine, sensible et d’une extrême loyauté.

Mère protectrice

Amie de ses amis mais aussi farouche protectrice de ses trois fils Willem Alexander, Friso et Constantijn. Elle a toujours soutenu leurs choix au moment de convoler. Et la partie n’était pas aisée entre Maxima, fille d’un Secrétaire d’Etat sous le régime dictatorial de Videla en Argentine et Mabel, qui avait connu un passé amoureux trouble avec un ancien baron de la drogue, ce qui obligea le prince Friso a renoncé à ses droits dynastiques faute d’aval du Parlement.

Mais lorsque Beatrix s’engage, elle s’engage. Pour preuve cette anecdote. Dans les préparatifs du mariage de Willem Alexander et Maxima, le couturier Valentino qui dessine la robe de la mariée, souhaite que tout soit absolument parfait. Lors d’un essayage de la robe, il explique qu’il aurait besoin de la chaise sur laquelle la mariée sera assise lors de la cérémonie afin de bien calculer le tombé de la robe. Quelques jours plus tard, lors d’un nouvel essayage à Milan, Beatrix des Pays-Bas qui accompagne sa future belle-fille, descend d’un van avec une chaise de la Nieuwe Kerk d’Amsterdam à la main…