Le tribunal d'Arras (Nord) a, en outre, condamné Mme Bardot à supprimer dans un délai de 15 jours de l'éditorial incriminé, publié sur le site internet de sa fondation de défense des animaux, tous les passages jugés injurieux et à les remplacer par la mention du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Dans un éditorial d'octobre 2019, toujours accessible mardi sur le site internet de la fondation, Brigitte Bardot avait traité les chasseurs de "sous-hommes d'une abjecte lâcheté" et de "terroristes du monde animal", citant le président de leur fédération, Willy Schraen, comme "exemple flagrant".

Absente le jour de l'audience, Brigitte Bardot avait reconnu dans une lettre au tribunal être l'auteure de ces propos, tenus "peut-être de manière crue", mais répondant selon elle "à une préoccupation majeure des Français".

Dans ce dossier, le procureur (accusation) avait requis une amende de 6.000 euros, notant la "persistance dans l'action délinquante" de la prévenue, après cinq autres condamnations pour des propos diffamatoires et discriminatoires.

L'avocat des chasseurs, Denis Delcourt-Poudenx, s'est dit mardi "très satisfait" de cette condamnation à la "vertu pédagogique", y voyant "un signal fort pour qu'on cesse d'insulter les chasseurs".

Cette condamnation était "attendue, face à des propos particulièrement violents, à la sémantique nazie odieuse et inquiétante", a-t-il dénoncé.

Pour l'avocat de Brigitte Bardot, François-Xavier Kelidjian, il s'agit d'"un jugement qui dit le droit, face au caractère un peu excessif des demandes de la défense". "A une époque pas si lointaine, on arrivait à échanger avec les chasseurs", a-t-il commenté, déplorant qu'aujourd'hui il n'y ait "plus de débat, plus que du clash".