L’arrivée sur scène s’apparente à un saut en parachute pour la Bruxelloise : une chute vertigineuse, les sensations fortes et puis l’exultation. Ce sont sur ces quelques images que commence le documentaire Typh Barrow : D’une voix à l’autre. Un film dans lequel l’artiste autant que la jeune femme se dévoilent. Pendant plus d’un an, le réalisateur Benoît Vietinck l’a suivi dans sa vie quotidienne et sa vie professionnelle alors qu’elle était en pleine préparation de son album Aloha, sorti en début d’année. Un album acclamé par la critique et le public, il a d’ailleurs trusté pendant des semaines le classement des meilleures ventes d’albums en Belgique.

"L’idée est née au début du mois de mai, il y a deux ans… Maurane remontait sur scène pour la première fois depuis longtemps, et elle accueillait une invitée qu’elle a présentée de façon très élogieuse… C’était Typh… Je l’ai vue approcher, pleine de gratitude et de respect pour Maurane… Et elles se sont alors lancées toutes les deux dans une reprise de "La chanson des vieux amants" de Jacques Brel… J’ai été impressionné et touché par la présence de Typh et l’intensité de son interprétation, à côté d’une des plus grandes voix de la chanson française… C’est aussi ce moment qui m’a soufflé le titre du film…", confie le réalisateur à la RTBF.

Il faut dire que la puissance de la voix de l’artiste impressionne ainsi que la facilité avec laquelle elle peut l’utiliser. On le comprend rapidement dans le documentaire : elle ne se rend pas toujours compte. Dans sa jeunesse, elle en était même complexée. Elle n’aimait pas cette voix de "garçon". Aujourd’hui, elle est régulièrement comparée à Amy Winehouse. Pour Matthew Irons de Puggy, cette voix lui rappelle Janis Joplin et celles d’une certaine époque de blues-rock et de musique soul, mais auxquelles elle apporte sa personnalité. BJ Scott soulève, elle, sa signature vocale et mélodique.

Peu sûre d’elle et perfectionniste dans l’âme, elle a souvent peur de mal faire, pas assez bien, pas comme elle l’imaginait. "Au début je faisais ce métier parce que j’avais besoin de reconnaissance et d’être aimée", dit-elle. Aujourd’hui, la jeune femme semble rassurée, apaisée et presque confiante dans son travail.

Si elle était coach dans l’émission The Voice Belgique, elle reste encore assez discrète dans les médias et sur sa personnalité. Le documentaire nous fait découvrir Typh Barrow sous une autre lumière. On l’observe lors de sa préparation avant les concerts, entre quelques étirements, la préparation maquillage (et tenue) et des encouragements. Mais aussi lorsqu’elle reçoit son premier disque d’or, quand elle part se ressourcer dans la forêt ou qu’elle va voir son coach pour sa séance de sport pour mieux gérer sa respiration. Sa complicité avec son manager et producteur, François Leboutte est aussi mise en avant. Il faut dire que ce dernier est très impliqué dans le projet.

Pas qu’un simple film pour faire la promotion de son album, D’une voix à l’autre propose une réelle plus-value pour en apprendre davantage sur l’artiste mais aussi sur les coulisses du monde musical.

Les images de concerts font du bien alors que ça fait longtemps que l’on n’a plus pu voir des artistes se produire en vrai à cause de la crise sanitaire. Typh Barrow a récemment donné un concert surprise dans un hôpital liégeois pour remercier le personnel soignant. "Cela a été une journée et des rencontres bouleversantes et très très riches. Je n’en suis pas sortie indemne" , a-t-elle assuré.

Si le coronavirus le permet, elle devrait bientôt être de retour sur scène. En octobre à Charleroi, puis à Bruxelles pour plusieurs dates au Cirque Royal et enfin à Liège pour trois représentations au Forum.