Depuis novembre, des dizaines de milliers d'agriculteurs, pour la plupart venus de l'Etat du Penjab (nord), campent sur les principaux axes routiers aux portes de la capitale. Ils s'opposent à des réformes visant à libéraliser les marchés agricoles, régulés depuis des décennies par des organismes d'Etat avec des prix minimum garantis. La survie de près de 70% des habitants de l'Inde dépend du secteur agricole, représentant près de 15% du PIB du pays.

Cette semaine, les autorités ont durci le ton face aux manifestants. L'approvisionnement en eau et en nourriture des fermiers protestataires a été interrompu et des troupes paramilitaires et des policiers en tenue anti-émeute ont été déployés sur les trois sites. L'accès à l'internet mobile a été suspendu sur les sites jusqu'à mardi soir, suite à un ordre du gouvernement.

La célèbre chanteuse Rihanna, suivie par plus de 100 millions de personnes sur Twitter, a publié un message dénonçant le silence général face aux manifestations. "Pourquoi ne parlons-nous pas de cela ?", écrit-elle, en partageant un article à ce sujet.


Partagés plus de 200 000 fois et commenté par près de 300 000 personnes, le message a rapidement fait le tour du monde, avant d'être à son tour mis en lumière par Greta Thunberg. Quelques heures après Rihanna, la jeune militante publiait à son tour un message de soutien. "Nous sommes solidaires de la #FarmersProtest en Inde", pouvait-on lire sur le compte de la suédoise.

Le gouvernement furieux

La réaction du gouvernement n'a pas tardé. Dans une déclaration ne mentionnant ni Rihanna, ni Greta Thunberg, le gouvernement s'en prenait aux étrangers "qui se précipitent pour commenter ces questions" sans en comprendre "correctement" les enjeux. "La tentation des hashtags et des commentaires sensationnalistes des médias sociaux, surtout lorsqu'ils sont utilisés par des célébrités et d'autres personnes, n'est ni exacte ni responsable", a déclaré le ministère des affaires étrangères utilisant le hashtag #IndiaAgainstPropaganda.

Le ministre de l'intérieur, Amit Shah, a lui aussi commenté la polémique. Dans un tweet, il assure "qu'aucune propagande ne peut décourager l'unité de l'Inde".