Patrick Poivre d’Arvor, seul à Paris, en profite pour relire ses classiques. Et écrire, aussi.

Retourner à l’essentiel. À plusieurs reprises, durant notre conversation, Patrick Poivre d’Arvor, confiné chez lui à Paris, aura ces mots-là. " On court beaucoup moins qu’avant, dans tous les sens du terme, et peut-être qu’on se recentre sur soi-même. Ou on est en train de commencer à le faire. Les premiers moments de sidération passés, c’est un changement de paradigme et d’habitudes pour beaucoup de gens", dit-il. Un retour à l’essentiel qu’il vit seul ; ses enfants étant "un peu disséminés partout", il ne peut les voir. " Mais on s’appelle plus souvent. Ça me frappe de voir que le téléphone fonctionne plus souvent avec les amis et la proche famille. Peut-être qu’on ne le faisait pas suffisamment quand on allait vite, quand on était dans le rush ."

Tout ce temps libéré, le journaliste le met à profit pour lire, encore et encore. " Comme je suis un homme qui écrit, c’est sûr que j’ai envie de promouvoir la lecture, je trouve que c’est vraiment très important de se replonger dans les livres. Là aussi, c’est un réflexe que l’on commençait à perdre. Je serai très heureux si on pouvait aussi faire lire les plus jeunes qui avaient perdu l’habitude ou ne l’avaient, même, jamais connue ", ajoute-t-il.

Écrire, aussi, est un conseil qu’il a envie de donner. " Tenir un journal, sans l’objectif d’être publié, mais pour plus tard le donner à ses enfants ou ses petits-enfants. C’est tout de même un moment singulier… En ce qui me concerne, j’ai plein d’idées, il y a des petits germes qui s’installent et qui vont peut-être aboutir à un livre, ou peut-être pas. Je viens de sortir un livre, le 26 février - le pauvre n’aura pas eu une grande durée de vie -, qui s’appelle L’Ambitieux. Ça raconte l’histoire d’un petit garçon qui veut devenir président de la République…"

Et pourquoi pas, aussi, se replonger dans quelques classiques. " Relire L’Amour au temps du choléra, La Peste ou Le Hussard sur le toit ou tous ces livres sur la solitude, sur l’attente…"

De son appartement parisien, comme des milliers d’autres, il constate que " le silence est arrivé ". "Avant , dit-il, il existait le dimanche, et là c’est tous les jours dimanche. Les voitures sont à l’arrêt ou au ralenti. C’est sûr qu’on n’a plus le même rapport au temps ."