"Les gens chantaient et me prenaient en photo, dit-elle dans "Salam". La musique était forte, tellement forte. Elle étouffait le cri de mon âme qui hurlait au secours. Tout le monde dansait, chantait, la salle était pleine et pourtant, pour moi, tout était vide. J’étais vide mais je faisais semblant. Semblant d’être bien. Je perdais la tête de plus en plus. Je prenais des cachets de plus en plus. Je me faisais du mal de plus en plus et puis je pensais à la mort de plus en plus mais je ne disais rien, je continuais à faire semblant."

Apaisée et soulagée aujourd’hui, la célèbre rappeuse, qui a quitté le monde de la musique - car il ne lui correspondait pas - il y a une décennie, s’est exprimée au Parisien. Si elle a toujours reconnu avoir gagné des sommes folles au pic de sa célébrité, Diam’s a également révélé de quoi elle vivait désormais. "De ce que j’ai gagné à l’époque. Ma mère qui travaillait dans une maison de disques a bien géré les choses pour moi. Je n’étais pas dans le besoin", confie au Parisien celle qui a aussi quitté la France pour vivre aux Émirats arabes unis. Via son association, la rappeuse subvient aussi aux besoins d’un orphelinat du Mali et organise également des missions ponctuelles au Niger, au Maroc et à Mayotte pendant le ramadan.

Dans une interview accordée à Augustin Trapenard pour Brut, Diam’s s’est confiée sur ses envies suicidaires à la fin de sa carrière de chanteuse. "Moi, j’ai des fois l’impression de venir parler de quelqu’un qui aurait dû être mort", a déclaré Mélanie Georgiades, son vrai nom. Pour elle, le nom Diam’s renvoie à "une femme qui, si elle n’avait pas trouvé la paix, serait morte". Elle se considère carrément comme "une miraculée". "Ça c’est sûr, moi normalement, je suis morte, ça c’est certain. C’est-à-dire que quand je raconte que j’ai voulu mettre fin à mes jours, c’était sérieux quoi." Si Diam’s n’est pas morte, c’est grâce à ses proches. "Je marchais parce que ma mère, elle voulait que je marche, ma mère, elle voulait pas que je meure, mes amis ne voulaient pas que je meure. Mais je marchais pour aller où ? Pour faire quoi ?" Alors, la rappeuse a ensuite connu "l’enfer des médicaments" en clinique psychiatrique. "À ce moment-là de ma vie, je me dis que la mort est préférable à ce que je suis en train de vivre."