Le prince Harry et son épouse Meghan ont décidé de renoncer à leur rôle de premier plan au sein de la famille royale britannique pour s'installer une partie de l'année en Amérique du Nord, une décision choc qui est mal passée dans la presse britannique. 

"Ils ne l'ont même pas dit à la reine", s'est offusqué le tabloïd Daily Mirror, y voyant une décision "égoïste" du prince Harry. Le Sun évoquait, lui, un "Megxit", jeu de mot sur le Brexit, et le Times titrait sur la "division" au sein de la famille royale. La BBC a estimé que le palais était "blessé" par ce développement inattendu.

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"Harry et Meghan semblent avoir l'habitude de faire les choses sans que personne ne sache ce qui va se passer", ce qui est "la mauvaise façon" de faire, a commenté l'ancien secrétaire de presse de la reine, Dickie Arbiter, sur la télévision Sky News.

Pour le correspondant de la BBC pour les affaires royales, Jonny Dymond, "il y a beaucoup plus de questions que de réponses" dans l'annonce choc de Harry et Meghan: "Quel sera leur nouveau rôle ? Où vivront-ils ? Qui paiera pour cela ? Quelle relation auront-ils avec le reste de la famille royale ?"

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"La reine va être totalement dévastée par cela", estime un autre spécialiste des affaires royales, le journaliste et auteur Phil Dampier, cité par le Telegraph. "Elle a beaucoup d'affection pour Harry, mais de quelque manière qu'on veuille présenter l'affaire, ce qui se passe, c'est que (Harry et Meghan) se retirent de leurs obligations et se défilent".

Pour le Times, "l'annonce prématurée" du couple est "égoïste et malavisée". "Elle porte toutes les marques de l'égoïsme et de l'impulsivité pour lesquels le prince Harry est maintenant tristement connu".

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Des prémices

Ancienne actrice, Meghan, 38 ans, a habité sept ans à Toronto, où elle participait au tournage de la série "Suits". C'est aussi dans cette ville que le couple s'était affiché ouvertement pour la première fois en public en 2017.

Harry et Meghan avaient décidé de prendre des vacances prolongées après s'être ouverts dans un documentaire, en octobre, de leurs difficultés face à l'exposition médiatique. Le couple royal s'était attiré des critiques acerbes de la presse en s'épanchant de la sorte lors d'un voyage en Afrique où il a été confronté à une population vivant des situations bien plus dramatiques, mais aussi au moment où le Royaume-Uni se déchirait sur le Brexit.

"J'ai senti alors que j'étais le témoin, durant ce voyage, d'un possible long et triste adieu à cette vie royale", a témoigné le réalisateur du documentaire, Tom Bradby, sur ITV.

"Ils ont parfois bonne presse, parfois mauvaise presse. Il faut faire contre mauvaise fortune, bon coeur", a jugé pour sa part Dickie Arbiter.

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Dans un premier temps, les tabloïds avaient salué l'arrivée de l'ex-actrice comme un souffle d'air frais pour la famille royale. Ils n'avaient pas tardé à se retourner contre elle avec des articles au vitriol, critiquant son comportement jugé capricieux.

Face aux critiques, Harry, 35 ans, a déposé début octobre une série de plaintes contre des tabloïds, les accusant de violer sa vie privée et de faire leur choux gras de la relation conflictuelle de Meghan avec son père. Il avait alors publié un communiqué disant craindre que "l'histoire se répète" et que sa femme soit victime "des mêmes forces puissantes" ayant conduit à la mort de sa mère Diana, décédée dans un accident de voiture lors d'une poursuite avec des paparazzi à moto.

La presse à scandale s'est également emparée des fissures apparaissant entre Harry et son grand frère William, deuxième dans l'ordre de succession à la reine Elizabeth, la mettant sur le compte d'une mésentente entre leurs épouses.