La femme de Roman Polanski, Emmanuelle Seigner, mais aussi Adèle Haenel et Jean Dujardin sortent du silence après la cérémonie "de la honte" des César.

Je prie à tous d’arrêter de me faire chier, a ainsi écrit Emmanuelle Seigner, l’actrice et femme de Roman Polanski, sur Instagram. Tout cela est basé sur des mensonges de folles hystériques en mal de célébrité. Merci de respecter mon espace, celui de mes enfants, de mes parents et de mes sœurs." Un message ­­­- accompagné d’une photo et du hashtag "les sorcières de Salem" - qu’elle a ensuite supprimé pour éviter la surenchère de critiques. Sa sœur Mathilde Seigner a quant à elle montrer son soutien sur Instagram. "Bravo ! Quand le suffrage du vote l’emporte sur la vox populi."

Du côté de Jean Dujardin, acteur principal du film J’accuse pour lequel Roman Polanski est reparti avec le César du meilleur réalisateur, il avait publié, puis supprimé et finalement reposté ce message-ci : "Je le redis. En faisant ce film, j’ai cru et je l’espère encore avoir fait plus de bien que de mal." Mais il n’a toutefois pas reposté sa photo où il s’affichait avec un masque de protection sur le tapis roulant d’un aéroport et où il avait légendé (avant de le supprimer) : "Je me casse, ça pue dans ce pays". Y parlait-il de coronavirus ou des César ? Telle est la question.

Enfin, après avoir quitté la salle vendredi soir en s’écriant "La honte !" ou encore "Vive la pédophilie, bravo la pédophilie !", Adèle Haenel s’est exprimée dans Médiapart. "Ils pensent défendre la liberté d’expression; en réalité, ils défendent leur monopole de la parole, a livré l’actrice qui avait déjà accusé, dans le même média, le réalisateur Christophe Ruggia d’"attouchements" et de "harcèlement sexuel" survenu alors qu’elle n’avait que 12 ans. "Ce qu’ils ont fait hier soir, c’est nous renvoyer au silence, nous imposer l’obligation de nous taire. Ils ne veulent pas entendre nos récits. Toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs, qui ne va pas dans leur sens, est considérée comme ne devant pas exister. Ils font de nous des réactionnaires et des puritains, mais ce n’est pas le souffle de liberté insufflé dans les années 1970 que nous critiquons, mais le fait que cette révolution n’a pas été totale, qu’elle a eu un aspect conservateur, que, pour partie, le pouvoir a été attribué aux mêmes personnes. Avec un nouveau système de légitimation. En fait, nous critiquons le manque de révolution."