300 ans que la cathédrale Saint Isaac à Saint Pétersbourg n’avait pas accueilli un mariage d’un membre de la famille impériale de Russie. Un peu plus de 100 ans après le massacre du dernier tsar Nicolas II, de son épouse la tsarine Alexandra et de leurs cinq enfants ainsi que de plusieurs autres membres de la famille Romanov, la Russie renouait ce vendredi 1er octobre avec le décorum d’antan à l’occasion du mariage du grand-duc George de Russie et de Victoria Romanovna Bettarini.

Né à Madrid en 1981, le marié est le fils unique de la grande-duchesse Maria de Russie, prétendante au trône et du prince Franz Wilhelm de Prusse. La mariée prénommée Rebecca s’est convertie à la foi orthodoxe et a été rebaptisée. Elle est la fille d’un diplomate italien et a grandi à Caracas, Paris, Bagdad ou Luxembourg au gré des affectations de son père. C’est à Bruxelles que les jeunes gens se sont connus. Le grand-duc a longtemps travaillé pour la Commission européenne. C’est d’ailleurs en pleine pandémie dans un café de l’aéroport de Zaventem délaissé par les voyageurs que la demande en mariage a eu lieu !

Voilà de longs mois que le grand-duc et la désormais princesse Victoria Romanovna ont planifié avec soin et avec l’aide de la Chancellerie russe ces noces. Le mariage civil avait été célébré une semaine auparavant à Moscou.

La veille du mariage religieux, le couple a donné un cocktail pour une centaine d’invités au Palais du Grand-Duc Vladimir, aujourd’hui Maison des Scientifiques. Victoria Romanovna portait une longue robe en velours noir et tulle avec des broderies dorées de Gatti Nolly pour la firme libanaise Marwan. Noir et or comme les couleurs de la maison Romanov.

Pour le grand jour, la mariée avait fait confiance pour sa robe à la styliste des stars de Hollywood Reem Acra avec un tissu en soie italienne mikado. Le tissu est européen, la robe a été confectionnée aux États-Unis et portée en Russie. Un bel équilibre pour les mariés qui sont de grands citoyens du monde.

La robe comportait une longue traîne-cape de 6 mètres pour cadrer au mieux avec les imposants volumes de la cathédrale, dessinée par la créatrice russe Elina Samirina de la maison Sergio Marcone avec des broderies typiques de style Torzhok complétait l’ensemble.

Dans ses cheveux ramassés en chignon, la princesse avait disposé le diadème Lacis mis à sa disposition pour la maison joaillière Chaumet et composé d’or blanc et de 438 diamants. Le modèle n’est pas sans rappeler les diadèmes kokoshnik très en vogue dans la famille impériale.

Les alliances ont été confectionnées par la maison Fabergé qui fut un fidèle fournisseur de la Cour impériale et dont il s‘agissait ici de la première commande depuis 1918. C’est d’ailleurs par l’échange des alliances qu’a commencé la cérémonie. Le grand-duc n’a pas pu cacher sa grande émotion à l’arrivée de la mariée au bras de son père.

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Les invités qui avaient été soumis au préalable à un test PCR, étaient debout tout au long de la cérémonie. Le grand-duc George avait pris pour témoin le prince héritier Boris de Bulgarie et le prince géorgien Davit Bagration.

Parmi les membres du Gotha qui avaient répondu à l’invitation du grand-duc George pour ces trois jours de réjouissances, se trouvaient la princesse Léa de Belgique, le roi Siméon et la reine Margarita de Bulgarie, la princesse Miriam de Bulgarie et son fils le prince héritier Boris, le prince Emanuele Filiberto de Savoie, le prince Michel de Yougoslavie, le roi Fouad d’Égypte, le prince Léka et la princesse Elia d’Albanie, le prince et la princesse Joachim Murat, le prince Charles-Philippe d’Orléans, le prince Louis et la princesse Maria Margarita de Bourbon, le prince Charles-Emmanuel de Lobkowicz, le prince Philippe et la princesse Isabelle de Liechtenstein, le prince Rudolf et la princesse Tilsim de Liechtenstein, le sheikh Hamad Khalifa Al Thani (frère de l’émir du Qatar), le prince Mohammed Ali d’Égypte et son épouse la princesse Noal d’Afghanistan, le duc et la duchesse de Bragance avec leur fils le prince de Beira, le duc d’Aoste et son épouse la princesse Olga de Grèce. Le prince Albert de Monaco retenu par d’autres obligations officielles avait fait envoyer un énorme bouquet de fleurs.

Les mariés enfin plus détendus, ont quitté la cathédrale en traversant une haie d’honneur de militaires sabres en l’air. Ils ont ensuite pris place à bord d’une Rolls-Royce.

Pour la soirée de gala donnée au musée ethnographique russe pour 550 convives, la princesse portait à nouveau une création de Reem Acra avec des broderies d’Elina Samarina.

C’est par l’entremise de la princesse Léa de Belgique très amie des mariés que le gâteau de mariage a été réalisé par le chef pâtissier Michael Lewis Anderson qui travailla autrefois pour la maison Wittamer et qui confectionna celui du mariage du roi Philippe et de la reine Mathilde.

Le gâteau s’inspire de celui de la reine Victoria avec des saveurs italiennes et un glaçage à l’anglaise. Rien n’ayant été laissé au hasard, c’est le champagne Boërl&Kroff qui fut servi aux invités.