Éric Zemmour candidat à la présidentielle 2022 ? Si rien n'a encore été officialisé et que le suspens perdure, certains Français prônent pour sa candidature dont le collectif "Les Chemises blanches" qui s'est créé et qui vise à promouvoir la candidature de Zemmour. Samedi, plusieurs membres de ce collectif ont déployé une affiche géante à l'effigie du journaliste de Cnews avec en légende : "2022JesignepourZemmour.fr" (site internet sous forme de pétition qui soutient Éric Zemmour, NDLR). Une banderole (depuis lors retirée) qui ne passe pas auprès de Gaëlle Lenfant, élue d'opposition d'Aix-en-Provence, à qui des souvenirs sont réapparus.

Pour exprimer sa colère, elle a décidé d'écrire un long message sur sa page Facebook. "Au moment où j'ai découvert avec stupeur et dégoût cet affichage, en ce même moment me revenait cet instant de ma vie dégoûtant, qui, chaque fois que j'y repense (et j'y repense...) me rend nauséeuse, de colère et de honte, parce que même en raisonnant, je ne peux me dépouiller de cette honte ancestrale, celle que chaque femme agressée qui me lira comprendra."

Si la femme politique ne se souvient pas exactement de la date des faits, ceux-ci  auraient eu lieu entre 2004 et 2006, il y a plus de 15 ans. Elle était alors jeune militante du PS et avait rencontré Éric Zemmour (à l'époque journaliste politique au Figaro) pour la première fois lors des Universités d'été du PS et plus précisément lors d'un dîner dans un restaurant, où Jean-Luc Mélenchon était également présent. " La soirée se passe bien, il ne se passe RIEN, rien d'autres que des conversations polies avec Zemmour."

Le lendemain, elle retrouve le polémiste à un atelier animé par Jean-Luc Mélenchon, où il aurait dérapé. "L'atelier se termine, je me lève, il se lève aussi. Il m'attrape par le cou et me dit : "cette robe te va très bien tu sais ? " Et il m'embrasse. De force. Je me suis trouvée tellement sidérée que je n'ai rien pu faire d'autre que le repousser et m'enfuir en courant. Trembler. Pleurer. Me demander ce que j'avais bien pu faire. "

Plus de 15 ans après les faits, Gaëlle Lenfant n'oublie pas. "Je n'avais rien fait, rien dit, rien montré, rien voulu. Je n'étais bien sûr pour rien là-dedans. J'étais juste une chose dont celui qui se définit lui-même comme "prédateur sexuel violent" avait eu envie, et quand on a envie, dans son monde, on se sert. Il s'est servi. C'est tout."


Contacté par Le HuffPost, Éric Zemmour n’a pas donné suite à leurs sollicitations tandis que son avocat n'a pas souhaité s'exprimer à France Bleu. L'entourage du polémiste, approché par franceinfo, dénonce toutefois une affaire politique et certifie qu'il n'a "aucun souvenir de cette scène. "Il y a des choses interpellantes dans cette affaire, par exemple lorsqu'elle affirme que l'affiche déployée à Aix-en-Provence a été l'élément déclencheur", explique la source qui assure également qu'Éric Zemmour ne tombera pas dans le piège d'une judiciarisation et qu'il ne portera pas plainte pour diffamation.