L'ex-rock star avait été jugée coupable en mars 2006 d'actes obscènes sur deux Vietnamiennes de 11 et 12 ans


HO CHI MINH Le Britannique Gary Glitter, rock star des années 70, est sorti mardi de prison après deux ans et neuf mois derrière les barreaux dans le sud du Vietnam pour abus sexuel sur mineur, et devait selon son avocat être expulsé dans la foulée.
"Il a quitté tôt ce matin notre prison et maintenant il est déjà loin de nous, à Ho Chi Minh-Ville", a affirmé Tran Huu Thong, directeur de la prison "Z30D" Thu Duc où il était détenu à environ 200 kilomètres de l'ex-Saïgon.
"Je viens d'être informé qu'il est à Ho Chi Minh-Ville", a confirmé son avocat, Me Le Thanh Kinh.

En théorie, selon l'avocat, le chanteur devait s'envoler dans la journée pour le Royaume-Uni, destination pour laquelle les autorités vietnamiennes lui ont réservé un billet.

Mais il n'y a pas d'avions directs entre le Vietnam et le Royaume-Uni et on ingorait sur quel vol Gary Glitter devait quitter l'ex-Saïgon. Me Le Thanh Kinh, qui confiait lundi que son client voulait se remettre au rock, a clairement signifié que Glitter voulait éviter de croiser les journalistes.
L'ambassade britannique à Hanoï s'est refusé à tout commentaire. Des sources au ministère britannique de l'Intérieur ont simplement indiqué que si le chanteur atterrissait au Royaume-Uni, il serait entendu par la police et devrait signer le registre des délinquants sexuels.

Mais "il a le droit d'aller où il veut", avait affirmé lundi son avocat, soulignant que Londres n'avait "pas demandé son extradition."
En juin, le quotidien de la police vietnamienne avait affirmé que le Britannique envisageait de s'installer à Hong Kong ou Singapour.

Glitter avait été jugé coupable en mars 2006 d'actes obscènes sur deux Vietnamiennes de 11 et 12 ans à Ba Ria-Vung Tau, dans le sud du pays communiste.
Invoquant le manque de preuves, le parquet avait renoncé à le poursuivre pour acte sexuel sur mineur de moins de 13 ans, un crime apparenté au Vietnam au viol d'enfant et passible de la peine de mort.

Le Britannique avait finalement été condamné à trois ans de prison ferme, la plus faible condamnation prévue par le code pénal vietnamien pour ce genre de faits, avant de bénéficier en février 2007 d'une remise de peine de trois mois dans le cadre des grâces du Nouvel An lunaire, le Têt.
Dénoncé dans cette affaire par la presse britannique, Glitter a toujours crié au complot.
Le chanteur, célèbre pour ses costumes argent étincelants, avait atteint l'apogée de sa carrière au début des années 70, notamment avec son titre "I'm The Leader Of The Gang (I Am)".

Celui dont le vrai nom est Paul Francis Gadd était alors une star du "glam rock", mouvance pop caractérisée par des habits de scène excentriques à sequins, "platform boots" à la semelle démesurée et maquillages outranciers.
Mais en 1997, sa carrière, déjà déclinante, avait pris un coup fatal lorsqu'il avait été arrêté en Grande-Bretagne pour téléchargement de pornographie pédophile. Deux ans plus tard, il avait été condamné à quatre mois de prison.
Relâché à mi-peine, il avait fui les médias à l'étranger, probablement à Cuba, avant de gagner le Cambodge.

Selon l'accusation au Vietnam, c'est dans ce pays qu'il avait rencontré trois prostituées vietnamiennes qui l'auraient aidé à se procurer des fillettes vietnamiennes contre de l'argent et jusqu'à 2.300 photos et dessins pornographiques ainsi qu'une trentaine de vidéos pédophiles retrouvées sur son ordinateur.

© La Dernière Heure 2008