Geluck remet son chat au gout du jour avec deux nouveaux ouvrages

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Hubert Leclercq

Publié le - Mis à jour le

Geluck remet son chat au gout du jour avec deux nouveaux ouvrages
© D.R.
Le père du félin le plus boudiné de la terre, sort deux ouvrages bien différents.

Geluck is back, forcément, son matou n’est pas loin. Et c’est tant mieux car qu’est-ce qu’il nous faut du bien. Toujours aussi surréaliste et pourtant terre à terre, le Chat assène ses vérités et une forme de bon sens très personnel qui continue d’amuser la galerie. Le félin est devenu au fil des ans une superstar du IXe art, écoulant plus de 250 000 volumes par nouveauté mais sans se prendre la tête. Il faut dire que son maître et créateur, quoi qu’il en dise, ne pète jamais les plombs. Geluck est une géniale machine à gags capable de trouver le mot juste et, graphiquement, le petit détail, qui feront la différence.

Et si le Chat a su rester zen malgré le succès, il n’en lorgne pas moins vers son propre musée qui devrait ouvrir ses portes en 2023. "Un travail de fou", sourit Philippe Geluck qui ne compte pas rester les bras croisés les cinq prochaines années. "Je prépare une exposition itinérante qui commencera à Paris et qui se terminera à Bruxelles pour l’inauguration du musée. Pour cette exposition, je fonds des Chats géants qui envahiront les villes qui vont les accueillir", poursuit le touche-à-tout en brandissant son portable pour afficher une photo d’un Chat-discobole géant posé sur un socle. Le minet s’est transformé en molosse qui se rit de la ridicule taille de son géniteur.

"C’est un travail fascinant de créer ces personnages, cela me permet de travailler avec des artisans, des gens qui adorent aussi leur travail. C’est un monde de passionnés. C’est du travail. C’est exigeant. Mais, en même temps, c’est un vrai bonheur", explique Geluck tout à son univers.

Un univers fait aussi de peinture. "Bien sûr, je continue à faire des toiles. Je peux même vous annoncer que je ferai une grande vente pour l’inauguration du musée et tous les bénéfices générés par celle-ci iront intégralement au musée."

L’autre face de Geluck

Moins félin, l’autre ouvrage de Geluck s’inscrit dans la lignée de Geluck enfonce le clou. Une façon d’aborder les sujets qui font ou ont fait l’actualité avec l’œil malicieux et parfois torve d’un caricaturiste capable d’utiliser aussi bien les mots que les traits pour croquer sa société et nous faire partager, ses coups de cœur, de gueule ou de cafard.

Un ouvrage qui devrait être remboursé par la sécurité sociale, comme les précédents, tant il fait du bien malgré un ton un peu plus rude que les précédents. "C’est le premier ouvrage de ce genre que je sors depuis les attaques de Charlie, du Bataclan ou de Bruxelles", explique l’artiste. "Je n’ai pas cherché à être plus grave mais il est vrai que notre monde a changé. Tout en disant ça, il faut aussi reconnaître que nous vivons toujours dans des pays de cocagne. Si j’étais Pakistanais, je ne serais pas ici pour parler de mes petits dessins."

Le monde comme il est, sans fioriture, sans masque mais avec un humour et un second degré qui permettent d’aborder tous les sujets aussi sensibles soient-ils, c’est aussi la griffe de Geluck sans son Chat. "Beaucoup des grands dessins publiés dans cet ouvrage ont été réalisés pour Siné Hebdo, un magazine qu’on qualifiera de plus audacieux", sourit Geluck qui s’amuse toujours d’être parvenu l’humoriste au mot fin qui pouvait s’installer dans le canapé de Michel Drucker le dimanche après-midi et s’inviter ainsi dans tous les foyers de l’Hexagone et de la Francophonie, tout en étant le caricaturiste qui osait tout pour ce magazine. "Certains amis de Siné l’ont pris pour un fou quand il a annoncé que j’allais rejoindre le magazine. Je pense avoir démontré que je n’usurpais pas ma place"… Geluck n’usurpe rien. Il a surtout le talent et une intelligence fine au service de ce talent qui lui permet de tout dire à tout le monde.



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