Il y a bientôt un an disparaissait Guy Bedos. C’était le 28 mai. À l’approche de cette date anniversaire, son fils Nicolas s’est exprimé dans les pages de L’Obs. Il y évoque les derniers instants, difficiles, vécus par son père atteint de la maladie d’Alzheimer.

“Avril 2020. Il a du mal à respirer. Il ne mange plus depuis des semaines, la maladie, le confinement, la confusion”, raconte-t-il. Guy Bedos tombe, se cogne, saigne. “Ma mère, à bout de nerfs et de vigilance, est extirpée de son demi-sommeil par des cris. Tant bien que mal, elle le soulève, le rassure, le borde. Elle déteste le ramasser. Elle déteste le voir détester qu’elle le ramasse, supporter ce regard où se mélangent toujours la détresse et l’orgueil.” Il finit par ne plus sortir de son lit.

"Une dose de cyanure"

Physiquement, l’humoriste n’est plus que l’ombre de lui-même. “Ses mains sont devenues si fines qu’on a peur de les briser sous le poids des baisers”, explique son fils. Il n’a même plus la force de répondre aux questions qui lui sont posées. Ce sont ces yeux qui parlent. “Nous en sommes réduits à traduire ce qu’il ne dit plus.”

Nicolas Bedos partage une conviction avec son père : l’euthanasie. Ce dernier n’a jamais caché qu’il voulait “mourir dans la dignité, décider du jour et de l’heure”. “Quand je vois la vieillesse de ma mère, de ceux qui sont dépendants, qui ont perdu leur autonomie, c’est un cauchemar, ça m’humilie”, avait-il confié à Serge Moati. Ajoutant, dans Nice Matin, en 2017 : “Je ne vais pas m’attarder pendant vingt ans. Il faut vous habituer à ce que je disparaisse.” Et dans Télérama : “J’espère qu’un médecin ami me prescrira, si je le lui demande gentiment, une dose de cyanure.”

"Acheter la mort de l’homme que j’aime le plus au monde"

Dans les pages de L’Obs, on apprend que l’humoriste s’était lié d’amitié avec un médecin qui s’était engagé à l’aider à mourir. Hélas, quand la famille a tenté de le contacter, elle ne trouve personne. C’est un autre médecin qui finira par prescrire un antiépileptique utilisé pour les euthanasies afin de plonger la personne dans la somnolence. “Je me revois sur mon scooter, me rendant à la pharmacie pour acheter la mort de l’homme que j’aime le plus au monde”, explique Nicolas Bedos.

© abaca / Reporters

Le médecin estime que Guy Bedos n’est pas assez endormi et refuse de procéder. L’agonie se poursuit quelques jours. “La nuit suivante sera la dernière. Longue. Bouleversante”, indique son fils. “Le lendemain, le flacon est plein. Mon père n’en a pas eu besoin pour offrir à son médecin l’état somnolent apparemment nécessaire à une intervention – qui eut lieu vers 17 heures.”

Rappelons qu’au jour d’aujourd’hui, l’euthanasie est interdite en France où le débat autour de sa légalisation ne cesse de faire des remous. C’est aussi dans ce contexte qu’il convient de replacer le témoignage de Nicolas Bedos dans L’Obs.