Le harcèlement à l’école est un fléau, une horreur sans nom. Il est inutile de rappeler ici toute l’émotion et les interrogations que suscitent les cas d’élèves mettant fin à leur jour sans que parents, proches et amis n'aient un jour imaginé l’enfer enduré par ces enfants avant d’en arriver à se donner la mort ou à se mutiler. Et personne n’est à l’abri. En Belgique, il s’agit de la forme de violence scolaire la plus répandue. Elle touche un élève sur trois selon une enquête menée en Fédération Wallonie-Bruxelles dévoilée l’an dernier.

Cela ne date pas d’hier comme le montrent les témoignages de nombreuses personnalités qui ont fait part de leur vécu. C’est le cas d’Olivier Minne. L’an dernier, l’animateur belge de Fort Boyard s’était confié à Closer. “Les moqueries n’ont pas été une constante. Mais à différentes périodes, j’ai été la tête de turc, car j’étais différent des autres garçons. Au lieu de jouer au foot ou aux billes à la récré, j’aimais faire de la corde à sauter ou de l’élastique avec les filles. Je trouvais ça beaucoup plus rigolo.”

"Malheureuse comme jeune femme"

Des personnalités comme la jeune chanteuse Wejdene, l’influenceuse EnjoyPhoenix ou encore Mika, ont aussi eu à subir les affres de leurs camarades. Helena Noguerra s’ajoute à la liste.

De passage sur le plateau de C à vous, sur France 2, pour la promotion de la série Le remplaçant, avec Joey Starr notamment, elle a raconté comment le harcèlement l’a conduit à abandonner l’école. “Mais j’avais quand même une passion pour l’école. J’ai quitté l’école non pas pour l’école en soi mais parce que j’y étais malheureuse comme jeune femme. Aujourd’hui on dirait harcelée, mais je ne savais pas que c’était ça. Mais je n’étais pas bien. Donc j’ai profité de la première occasion qu’on m’a offerte”, a-t-elle confié à Anne-Elisabeth Lemoine et ses chroniqueurs. “Les garçons m’aimaient trop et les filles ne m’aimaient pas”, a-t-elle ajouté.

Lio aussi

Lio aussi a connu le harcèlement et par la suite les violences conjugales. Elle s’en était ouverte dans les pages de la DH en 2018, à l’occasion de la sortie de son dernier album en date, Lio canta Caymmi. "Je participais à l’émission télé ‘Platine 45’. Le soir, mon directeur artistique m’invite à dîner avant de me déposer à mon hôtel. Moi, je ne me méfie pas à l’époque. A table, je suis face à Claude Engel (musicien et compositeur célèbre, NdlR) et Richard Gotainer (chanteur et humoriste français, NdlR). Et ils sont adorables avec moi. Mais j’ai juste 16 ans, je n’ai pas l’habitude de ce genre de situation. On veut me faire boire, ça non plus je n’en ai pas l’habitude. Alors je refuse, et je me fais déjà traiter de ‘connasse qui refuse l’alcool’. J’entends : ‘Mais c’est qu’elle a un parapluie dans le cul celle-là !’ C’était tellement vulgaire… J’étais mal, recroquevillée les mains sous mes cuisses. Eux rigolaient et se moquaient de moi, ‘petite Bruxelloise qui ne connais rien”’ Après 23 heures, ce qui est tard pour l’ado que j’étais, on me reconduit à l’hôtel. Et le gars essaie quand même de m’enlever ma petite culotte. J’ai 16 ans ! Mais je le mets dehors, il ne se passe rien. Le lendemain, je retourne de toute façon au siège de la maison de disques… Et c’est comme ça, on fait comme si de rien n’était. Moi aussi j’accepte, j’agis comme si rien ne s’était passé. Comme plein de femmes à qui ça arrive.”

© AFP