Le 20 mars 1982, tout le Gotha se pressait à Luxembourg-Ville pour assister au mariage de la princesse Margaretha, quatrième enfant du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte avec le prince Nicolas de Liechtenstein, fils du prince Franz Josef II et de la princesse Georgina de Liechtenstein. 40 ans plus tard, ce mariage est le dernier à avoir uni deux membres d’une monarchie régnante en Europe.

En un an, le grand-duché de Luxembourg a vécu au rythme des mariages princiers.

Le 14 février 1981, le grand-duc héritier Henri épousait Maria Teresa Mestre, devenant pour la postérité "les mariés de la Saint-Valentin". Le 6 février, c’est au tour de la princesse Marie Astrid, fille aînée du couple grand-ducal de convoler avec l’archiduc Carl Christian de Habsbourg-Lorraine, l’un des petits-fils du dernier empereur d’Autriche. Six semaines plus tard, c’est donc au tour de Margaretha d’épouser son prince.

La mariée porte le même diadème que sa mère la princesse Joséphine-Charlotte de Belgique le jour de ses noces en 1953. Margaretha est née le 15 mai 1957 au château de Betzdorf, elle est la jumelle du prince Jean. Elle est l’une des petites-filles du roi Léopold III et de la défunte reine Astrid dont elle a hérité certains traits physiques. Elle a d’ailleurs été prénommée en hommage à la princesse Margaretha de Suède, sœur de la reine Astrid.

La princesse est particulièrement proche de son oncle le roi Baudouin et de sa tante la reine Fabiola. Fin des années 70, elle vit d’ailleurs auprès d’eux au château de Laeken.

Le prince Nicolas de Liechtenstein est né en 1947 à Zurich. Il est docteur en droit. Il a travaillé avant son mariage pour la Croix-Rouge à Genève, auprès des tribunaux à Vaduz et au bureau des relations internationales du gouvernement de la principauté.

Au vu de leurs parentés respectives, ce mariage réunit des centaines de membres du Gotha. Au cours de vacances l’été suivant à Motril en Espagne chez le roi Baudouin et la reine Fabiola, la princesse est victime d’une fausse couche. Elle peut compter sur toute l’affection et la sollicitude de sa tante en ces moments difficiles qui hélas se reproduiront.

En mai 1984, la princesse Margaretha met au monde à la clinique Edith Cavell à Bruxelles un fils prénommé Léopold-Emmanuel qui succombe deux jours plus tard. Le petit prince est inhumé en la crypte royale de Laeken.

Septembre 1984, le prince Nicolas et la princesse Margaretha de Liechtenstein apparaissent très souriant lors du mariage de leurs cousins la princesse Astrid de Belgique et l’archiduc Lorenz d’Autriche-Este. Ils gardent alors pour eux qu’ils seront à nouveau parents.

En mai 1985 voit le jour, toujours à la clinique Edith Cavell, la princesse Maria Annunciata. La famille s’agrandit encore en 1987 et en 1989 avec les naissances de la princesse Marie Astrid et du prince Josef-Emmanuel.

Le couple et ses enfants s’installe à Strasbourg où le prince est en poste auprès du Conseil de l‘Europe. Ce sera ensuite Berne en Suisse où Nicolas de Liechtenstein est nommé ambassadeur puis de 1996 à 2011 à Bruxelles où il termine sa carrière de diplomate.

Installée dans la capitale belge, la princesse Margaretha est donc proche de ses parents au Luxembourg et de sa tante la reine Fabiola qu’elle accompagne ponctuellement lors de ses sorties culturelles notamment dans la loge au Palais des Beaux-Arts lors du concours international reine Elisabeth de musique.

Depuis son mariage, la princesse n’a plus assumé d’engagements officiels, se concentrant sur sa vie de famille. Elle est en revanche bien présente lors des grands événements à Luxembourg, Vaduz ou Bruxelles.

C’est elle qui a pris part l’été dernier au nom de la famille royale à l’inauguration d’une plaque commémorative au roi Baudouin à Motril.

Comme à l’époque avec sa sœur la princesse Marie Astrid de Luxembourg, la princesse Margaretha aura marié en moins d’un an ses trois enfants. En septembre dernier et à trois semaines d’intervalles ont eu lieu les noces de la princesse Marie Annunciata avec Emanuele Musini à Vienne, puis de la princesse Marie Astrid avec Raphael Worthington à Orbetello en Toscane. Fin de ce mois de mars, le prince Josef-Emmanuel épousera à Carthagène en Colombie Maria Claudia Echevarria Suarez.

Connaissant leur goût commun pour la discrétion, le prince Nicolas et la princesse Margaretha célébreront sans nul doute leurs noces d’émeraude dans l’intimité et la perspective de l’imminent mariage de leur fils.

Cet anniversaire démontre si besoin que les choses ont bien changé au sein des monarchies puisqu’en 40 années, il n’y a plus eu aucune union entre membres de familles royales régnants en Europe. Tous les héritiers - pour certains entre-temps devenus souverains - ont épousé des personnes non issues du sérail à l’exception du roi Philippe qui s’est uni à une jeune femme de la noblesse belge, du grand-duc héritier Guillaume de Luxembourg qui a fait de même avec la comtesse Stéphanie de Lannoy et du prince héritier Aloïs de Liechtenstein qui a épousé en 1993 la duchesse Sophie en Bavière. Il est bien loin et révolu le temps où un prince ou une princesse était contraint de renoncer à ses droits dynastiques pour épouser une personne qui n’était pas de sang royal ou comme dans le cas du roi Harald de Norvège de devoir batailler pendant 10 ans pour épouser l’élue de son cœur.

Depuis, et parmi tant d’autres exemples, le prince héritier de Norvège s’est uni à une jeune femme qui avait déjà un fils, Felipe d’Espagne a épousé une journaliste divorcée en premières noces, tout comme le prince Harry qui s’est marié avec une actrice aussi divorcée. Toutes ces unions qualifiées de morganatiques ont prouvé au fil du temps qu’elles étaient bien heureuses et solides. N’est-ce pas cela le plus important ?