Son procès avait terriblement terni l’image de la monarchie espagnole.

Cette semaine, il y a eu un an qu’Inaki Urdangarin, époux de l’infante Cristina d’Espagne, est derrière les barreaux de la prison pour femmes de Brieva. Il purge une peine de 5 ans et 10 mois après sa condamnation dans l’affaire de l’Institut Noos avec détournement de fonds publics. Un procès avec comparution de l’infante qui avait terriblement terni l’image de la monarchie espagnole, contraignant le roi Felipe à couper les ponts (du moins publiquement) avec la famille de sa sœur.

Inaki Urdangarin, ancienne star du handball espagnol et médaillé olympique, a épousé l’infante Cristina, deuxième enfant du roi Juan Carlos, en 1997. Ils avaient fait connaissance en 1996 aux jeux olympiques d’Atlanta. De retour à Barcelone, Inaki avait mis un terme à sa relation avec une dénommée Carmen pour commencer son idylle avec l’infante. De cette union sont nés quatre enfants : Juan, Pablo, Miguel et Irene.

Au terme de sa carrière sportive, Inaki dont la mère Claire Liebaerts est belge, avait pris la tête de l’Institut Noos. Il conseillait alors les pouvoirs publics en matière sportive. Il fut ensuite engagé par le grand groupe de télécommunications Telefonica pour être son représentant aux États-Unis. Un choix qui avait soulevé bien des questionnements quant aux aptitudes professionnelles d’Inaki.

Après l’éclatement de l’affaire qui allait le mener en prison, Inaki et les siens rentrèrent à Barcelone où la pression devint vite intenable. La famille déménagea à Genève où l’infante travaille pour la fondation de l’Aga Khan, grand ami de son père le roi Juan Carlos. Depuis la fin prématurée de son contrat avec Telefonica, Inaki n’a plus retrouvé de travail. Il s’occupait du ménage et des cadets.

Jusqu’au bout, il a cru qu’il échapperait à l’incarcération. Depuis un an, il mène une vie très solitaire. Cet établissement pénitentiaire n’accueillant que des femmes, il dispose toutefois d’une petite aile pour les hommes. Inaki en est le seul détenu. Il peut passer des coups de fil à 10 numéros de téléphone autorisés à raison de 50 minutes par mois. Les visites sont de deux (20 minutes) au parloir par semaine et une par mois dans une salle sans vitre en présence de six personnes pendant trois heures. Il a fait usage de ces droits. Son épouse et leurs enfants sont venus le voir à plusieurs reprises mais il peut surtout compter sur ses frères et sœurs ainsi que sur sa mère. En décembre prochain, il pourra solliciter des demandes de sortie s’il peut se prévaloir d’un travail. Il se dit que son frère lui proposera un contrat dans son entreprise.

De son côté, l’infante Cristina a continué son train-train à Genève. Elle a refait sa réapparition lors des fêtes de famille à Madrid et s’est appuyée sur un noyau (fort diminué) de proches et amis pour faire face à cette épreuve qui laissera à jamais des traces dans leurs vies.

Les proches d’Inaki craignent que ces années de prison affectent durement son état psychologique et que reprendre une vie normale sera à jamais impossible pour lui.