"Je l'avoue, je suis assez mal à l'aise avec ce mensonge. J'ai eu un petit AVC. Je m'en suis bien sortie, mais j'étais tout de même sonnée." C'était le 19 avril 2019 et l'actrice s'en souvient très bien... "Il était environ 7h30, raconte Line Renaud au magazine Paris Match. Mon chien, Pirate, dormait sur mon lit. Je me lève pour aller à la salle de bain et là, je glisse. Je tombe assise, au pied du lit, incapable de me relever. Pirate me regarde. Je ne comprends pas ce qui m’arrive . J’essaie de bouger – “Lève-toi, idiote !” –, comme dans ces rêves où l’on est incapable de fuir alors qu’il y a urgence. Dieu sait comment mes jambes se sont coincées sous le lit . C’est en me débattant que j’ai dû me casser la cheville droite." L'interprète du Chien dans la vitrine confesse toutefois s'en être bien sortie. Car il n'était point question d'une bête chute mais bien d'un AVC (accident vasculaire cérébral).

Un mensonge dont elle en dévoile la raison

La dame de 92 ans, qui regrette ce mensonge, a décidé de se livrer sur son AVC mais aussi sur ses conséquences avant la parution de son bouquin autobiographique, rédigé avec la complicité de Bernard Stora, En toute confidence... "J’ai eu peur qu’avec l’étiquette AVC collée sur le front on ne me confie plus de rôles !" Et celle qui va reprendre son rôle de Gabrielle dans la suite du téléfilm Meurtres à Brides Les Bains (intitulé Meurtres dans les Trois Vallées) d'ajouter: "Je me suis aussi souvenue de ce que me répétait Loulou : 'Un artiste n’a pas le droit d’être malade, ni de se montrer diminué.' "

Une longue rééducation: "C'est humiliant d'être infantilisée"

Au delà d'une cheville cassée pour laquelle l'ex-meneuse de revue a eu le droit a des plaques, vis et autres broches, Line Renaud confesse avoir eu du mal à se remettre de son accident qui a gravement touché sa main droite. "Ça c'était dur ! J'ai dû réapprendre les petits gestes simples. Empiler des boîtes minuscules, trier des perles. Ah, les perles ! Vous devez prendre une perle, en attraper une autre, puis une troisième."

La star explique ensuite, toujours dans Paris Match, son calvaire. "Ma première ergothérapeute me parlait comme à une enfant, ou plutôt comme à une débile mentale : ’Oh ! C'est bien, madame Fleur, vous avez mis la perle sur la perle. Vous vous rendez compte du progrès ? Bravo ! Comment je m'appelle madame Fleur ? Quel jour sommes-nous ?’ Je n'en pouvais plus de l'entendre. C'est humiliant d'être infantilisée." Entre "des moments de grande inquiétude"  et le fait d'avoir "beaucoup souffert d'être dépendante", Line Renaud craignait surtout de ne plus pouvoir marcher. "Ne pas pouvoir bouger d'un mètre sans qu'on m'aide. Etre nue, lavée..., ma pudeur a pris un coup mais on s'habitue. Pour les douches quotidiennes Eddy m'aidait. La première fois que j'ai été nue devant lui, je lui ai dit : ’Prenez une photo de mes fesses !’ Et puis, au fil des jours, il m'a mis à l'aise. J'avais surtout beaucoup de mal à trouver le sommeil. Au lit à 20h30, levée à 6 heures, l'heure où j'allais habituellement de me coucher, ça ne m'était pas arrivée de toute ma vie ! Pour m'endormir, on m'a appris à compter de 100 à 0, à l'envers. Ça marche pas mal ! L'inaction, ça n'est pas du tout moi; mais, au final, je l'ai plutôt bien acceptée."