En très mauvaise santé, il a donné une interview choc au Daily Mirror avant de s'évanouir, dimanche, dans les coulisses d'un spectacle caritatif à Londres

LONDRES A 76 ans, la vie est devenue un douloureux parcours du combattant pour Jerry Lewis. Ce dimanche soir, à Londres, il s'est effondré dans les coulisses d'un spectacle caritatif auquel il devait participer. Il a aussitôt été hospitalisé. Et même si son épouse, depuis Las Vegas, a donné des nouvelles réconfortantes ("Il n'est pas malade´), c'est surtout l'étonnement et la tristesse qui l'emportent. En cause, ses toutes dernières photos. Méconnaissable, le visage bouffi par la prise de stéroïdes, la démarche visiblement difficile, il ne peut masquer la dégradation spectaculaire de son état de santé.
`Je ne sais par où commencer pour expliquer les souffrances que j'ai endurées, a-t-il déclaré dans une interview au Daily Mirror, peu avant son malaise. En avril, la douleur était si intense qu'elle m'a incité à prendre un revolver que j'ai sérieusement envisagé de placer dans ma bouche. Je vivais d'espoir depuis neuf mois, incapable de me déplacer de mon fauteuil vers la cuisine. J'ai sombré dans une terrible dépression. Je m'imaginais que ma vie était finie. Un jour, j'ai réellement pensé à quel revolver j'allais utiliser. J'ai appelé mon docteur et je lui ai dit ce que j'allais faire. Il m'a répondu: S'il te plaît, ne fais rien, Jerry. Donne-moi juste 30 minutes de ton temps. J'ai dit: OK, mais je ne peux plus supporter le mal.´

25 kilos de plus

Son dos le faisait alors souffrir le martyr. Et le traitement suivi n'avait fait qu'accentuer sa peine. `Les médicaments m'ont fait prendre 25 kilos. J'étais si gros que j'avais l'impression d'être un joueur de base-ball. Les stéroïdes avaient un effet secondaire sur toutes les blessures que j'avais eues, et en particulier ma colonne vertébrale endommagée. C'était tellement insupportable que je ne pouvais même plus soulever ma fille (ndlr: Danielle Sara, 10 ans, adoptée avec sa seconde épouse, Sandee).´

Son médecin lui a alors proposé un tout nouveau traitement, basé sur des impulsions électriques à la colonne vertébrale. `En quatre jours, la douleur avait disparu, pour la première fois depuis le milieu des années 60: là, je vous parle de renaissance, a-t-il encore déclaré au Daily Mirror. J'étais si excité que je me suis rendu à Houston le lendemain, pour voir mon docteur et avoir un implant permanent. Depuis le 20 avril, je ne sens plus rien. Je dois juste pousser sur un bouton, placé en dessous de mon bras gauche. Je peux l'enclencher, l'arrêter ou éteindre complètement l'appareil. Si je me concentre très fort, je parviens même à capter la BBC!´

Même en situation difficile, son humour n'a pas changé. `Je sais que je ressemble à Orson Welles, mais je n'y peux rien. Derrière les apparences, mon humour est resté identique: le garçon de 9 ans est toujours bien vivant en moi. Peu importe ce que j'ai vécu, ma magie, ma productivité et ma créativité sont intactes.´


© La Dernière Heure 2002