John Galliano a présenté ses excuses mercredi pour "sa conduite" qui a pu "choquer", mais a nié tout antisémitisme

LONDRES John Galliano sera jugé pour injures raciales, a annoncé mercredi le parquet de Paris, précisant que le procès devrait avoir lieu avant l'été. Le couturier britannique a présenté ce même jour ses excuses pour son comportement, faisant apparemment référence à son ivresse publique, tout en continuant de nier tout antisémitisme.

Jeudi dernier, le directeur artistique de Dior avait été interpellé dans un bar du Marais, à Paris, après une altercation verbale avec un couple. Un examen a ensuite révélé qu'il avait 1,1g d'alcool dans le sang. Le couple a porté plainte pour "injures publiques à caractère racial". En retour, le couturier de 50 ans a déposé plainte contre ses accusateurs pour "diffamation, injures et menaces".

Une autre femme a déposé plainte samedi contre John Galliano pour des faits similaires, qui seraient survenus en octobre 2010 dans le même bar, situé rue de la Perle. Lundi, John Galliano a été confronté au couple et à cette femme. Lundi également, le tabloïd anglais "The Sun" a mis en ligne une vidéo non datée sur laquelle le créateur, à la terrasse de ce café nommé La Perle, affirme qu'il "aime Hitler".

La maison Dior, qui avait vendredi dernier suspendu son directeur artistique dans l'attente des résultats de l'enquête, a annoncé mardi qu'elle lançait une procédure de licenciement à son encontre, et ce "en raison du caractère particulièrement odieux du comportement et des propos tenus par John Galliano" sur cette vidéo.

Mercredi, le parquet de Paris a fait savoir qu'il renvoyait John Galliano devant le tribunal correctionnel pour "injures publiques envers des particuliers à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non appartenance à une religion, une race ou une ethnie".

Le procès pourrait avoir lieu "au cours du deuxième trimestre 2011", précise le parquet dans un communiqué. S'il est reconnu coupable, le styliste risque jusqu'à six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende. Quelques heures avant l'annonce de son renvoi devant la justice, John Galliano avait publié un communiqué par le biais d'un cabinet d'avocats britanniques.

Dans ce texte ambigu, il "nie totalement les accusations" portées contre lui, mais "accepte" que celles-ci "aient pu grandement choquer et gêner les gens".
"L'antisémitisme et le racisme n'ont aucune place dans notre société. Je présente des excuses sans réserve pour mon comportement qui a été offensant", écrit le couturier.

"Je dois assumer la responsabilité des circonstances dans lesquelles je me suis trouvé", écrit-il, regrettant aussi de s'"être laissé voir sous (son) pire jour". "Je suis le seul responsable. Je sais que je dois faire face à mes propres échecs et que je dois travailler dur pour gagner la compréhension et la compassion des gens", ajoute-t-il, précisant avoir demandé "une aide" - une allusion à sa consommation d'alcool.

Le couturier dit enfin avoir lutté "toute (sa) vie contre les préjugés, l'intolérance et la discrimination". "Dans mon travail, mon inspiration a toujours été d'unir les gens de toutes races, croyances, religions et sexualités en célébrant leur diversité ethnique et culturelle par le biais de la mode", assure-t-il.

© La Dernière Heure 2011