Il ne fait pas de doutes qu’à côté du terrible bilan humain, le coronavirus laisse aussi derrière lui – si tant est qu’il soit parti… – une crise économique très douloureuse elle aussi. Chez nous, suite au confinement, le nombre de faillites a littéralement explosé. La Belgique n’est évidemment pas le seul pays à être touché de la sorte. Loin de là.

Aux États-Unis, où l’heure n’est pas encore partout au déconfinement, le spectre des fermetures d’entreprises, en particulier des plus petites, a poussé les autorités à déployer un vaste plan d’aides. Baptisé Paycheck Protection Program (PPP), il comprend une enveloppe de 669 milliards de dollars qui peut être distribuée sous forme de prêts à faible taux d’intérêt aux entreprises en difficultés. Ces prêts peuvent même être transformés en subventions si certaines conditions sont remplies, notamment en matière de préservation de l'emploi. Une bouée de sauvetage pour les structures les plus vulnérables qui semble avoir aussi profité à des poids lourds pour le plus grand étonnement du site Bloomberg.com.

Silence radio

Le 6 juillet, l’administration Trump a publié la liste des bénéficiaires de ces prêts. Et, surprise, quelques anomalies sont apparues, entre autres dans le domaine culturel. Plusieurs galeries d’art parmi les plus célèbres de la planète se sont vues octroyer des prêts de 1 à 5 millions de dollars, tandis que la moyenne des aides ne dépasse qu'à peine les 100 000 dollars. Il est question de Gagosian, David Zwirner, Pace et Hauser&Wirth pour ne citer qu’elles. Contactées par Bloomberg.com, la plupart ont refusé de s’exprimer sur la question.

Jeff Koons, l'artiste vivant le plus cher de l'histoire

Mais deux noms sortent du lot. À commencer par celui de Jeff Koons, l’un des artistes les plus bankable de la planète. D’après la liste dévoilée par les autorités fédérales américaines, il a reçu entre 1 et 2 millions de dollars pour sauver… 53 emplois. Il détient pourtant le record de l’œuvre la plus chère jamais vendue par un artiste de son vivant : plus de 91 millions de dollars pour son Rabbit, à savoir un moulage en acier d’un lapin gonflable. Lui aussi contacté, il n’a pas non plus commenté l’information.

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Kanye West le milliardaire

Pas plus que Kanye West, l’autre nom de la liste qui interpelle le plus. Sa ligne de prêt-à-porter Yeezy, a bénéficié de 2 à 5 millions de dollars d’aide pour la préservation de… 106 emplois. Pourtant, le rappeur, qui vient de se déclarer candidat à l’élection présidentielle de novembre prochain – à moins que ce ne soit à nouveau une facétie – est tout sauf sans le sou. En avril dernier, il s’est invité dans le cercle très fermé des milliardaires selon le classement de Forbes qui lui refusait jusqu'ici cet "honneur". Sa fortune est évaluée à 1,3 milliard de dollars. Un petit tour sur le site yeezymafia.com qui propose des articles de la marque de Kanye West en dit long. On y trouve des paires de baskets à plus de 200 dollars ! Sans compter les juteux contrats récemment signés avec Adidas et Gap, notamment.

Si d’aventure la candidature du rappeur à la Maison-Blanche était réelle, il y a fort à parier que les informations dévoilées par Bloomberg.com ne constituent pas la meilleure entrée en campagne qui soit.

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