Des conversations téléphoniques dans lesquelles l'acteur et réalisateur oscarisé se répand en menaces, insultes, oscénités et imprécations racistes ont été révélées


LOS ANGELES Ses conversations avec son ex-compagne, la mannequin russe Oksana Grigorieva, avec laquelle Mel Gibson est en conflit ouvert pour la garde de leur fille, n'ont pas été authentifiées ni réclamées par la justice, mais ni la star ni ses avocats n'ont à ce jour démenti leur contenu.
Menaces de mort, langage ordurier, saillies racistes... les enregistrements, dévoilés au compte-gouttes depuis une semaine par le site web radaronline.com, montrent un Mel Gibson enragé, aux accès de violence incontrôlés.

Un Mel Gibson qui n'est pas sans rappeler celui qui avait dû faire des excuses publiques en 2006 pour avoir tenu des propos antisémites au moment de son arrestation pour conduite en état d'ivresse à Malibu, près de Los Angeles.
Ce premier scandale avait déjà échaudé Hollywood, mais si l'on en croit les professionnels interrogés par l'AFP, ce n'est rien à côté de ce qui attend désormais l'acteur-réalisteur, oscarisé à deux reprises pour "Braveheart".

"Je pense que quoi qu'il fasse, sa carrière va vraiment s'effondrer", déclare Elayne Rapping, professeur de culture populaire à l'Université de Buffalo. "Les gens de qualité comme Leonardo DiCaprio ne voudront plus être associés à son nom et plus personne de sérieux ne va vouloir l'approcher".
Preuve de ce profond désamour, Mel Gibson a été lâché il y a une semaine par l'agence qui le représentait, William Morris Endeavour Entertainment, dirigée par Ari Emanuel, l'un des hommes les plus puissants d'Hollywood.

"Que le public lui pardonne ou pas, les gens qui lui donnaient du travail ou qui pouvaient lui décrocher des rôles ne le soutiennent plus", déclare sous couvert d'anonymat un ancien agent de l'une des plus prestigieuses agences de talents à Los Angeles.
"Le milieu hollywodien ne veut plus travailler avec lui, il a perdu le soutien de son agent et de beaucoup des financiers qui pouvaient mettre de l'argent dans ses films", ajoute-t-il.

Et de porter l'estocade: "Tout studio hollywoodien qui embaucherait Mel Gibson aujourd'hui serait jugé sévèrement par ses pairs. Toutes proportions gardées, ce serait comme travailler avec OJ Simpson", l'ancienne star du football américain qui avait défrayé la chronique au début des années 1990 après l'assassinat de sa femme Nicole Brown Simpson et de son ami Ron Goldman.
Le professeur Leo Braudy, spécialiste des célébrités et des médias de masse à l'Université de Californie du Sud, pense lui aussi que c'est "une bataille perdue d'avance, dans laquelle même les investisseurs croyant au talent de Mel Gibson vont devenir très prudents".

Le seul salut de la star déchue pourrait venir de la fortune amassée avec les films qu'il a produits et dirigés, comme "La Passion du Christ", qui a récolté en 2004 plus de 600 millions de dollars de recettes dans le monde et pourrait lui permettre de se passer de l'argent des studios.
L'ancienne agente Fredell Pogodin, pour qui Mel Gibson a "toujours été non-conformiste et politiquement incorrect", observe ainsi: "A-t-il assez d'argent pour financer, s'il le faut, ses propres films? Oui! Et si ces films ont du succès, est-ce qu'Hollywood lui rouvrira ses portes et voudra retravailler avec lui? Oui, j'en suis sûre".

© La Dernière Heure 2010