"Même si c’est dramatique, ça en dit long sur la lâcheté de cet homme", déclare-t-elle au JDD après le suicide de David Hamilton

Flavie Flament n’a pas tardé à réagir, dans les colonnes du Journal du Dimanche, à la mort (un suicide, d’après les premières indications de l’enquête) du photographe David Hamilton, 83 ans, qu’elle accuse de viol alors qu’elle n’avait que 13 ans.

"Mes pensées sont allées à toutes les victimes qui m’avaient contactée suite à la publication de mon livre (La Consolation, NdlR). J’ai été prise d’une colère sourde. Une fois de plus, cet homme échappait à ses responsabilités; une fois de plus, il avait trouvé le moyen de ne pas répondre aux accusations portées contre lui; une fois de plus, il nous faisait porter le poids du silence. Nous ne pourrons jamais le regarder en face et obtenir réparation. Cet homme nous a volé nos premières fois. Là, il nous spolie notre reconnaissance. Par sa mort, il tente de faire peser le soupçon sur notre parole."

Pour elle, ce suicide constitue en soi un aveu. "Oui, c’est un aveu qui achève de montrer son mépris absolu vis-à-vis de ses victimes. Même si c’est dramatique, ça en dit long sur la lâcheté de cet homme qui a préféré fuir pour échapper à ses responsabilités. C’est une pitoyable révérence."

Mais sa disparition ne met nullement fin à son action. "David Hamilton est mort. Mais notre combat continue. À travers les témoignages recueillis, c’est la parole des enfants violés que nous voulons libérer. La ministre Laurence Rossignol m’a proposé la coprésidence auprès d’un magistrat d’une mission de consensus autour de la prescription couvrant ce type de crime. Les victimes seront considérées au même titre que des experts. Enfin, nous pouvons être entendues…"