People La justice américaine a refusé le transfert d’actifs importants dans le trust de Johnny, dont elle est la seule bénéficiaire.

Si elle croit aux astres, Laeticia Hallyday doit se dire que son horoscope n’est pas des meilleurs en cette veille de printemps. Dans la nuit de mardi à mercredi, on peut même dire que le ciel lui est tombé sur la tête. En effet, la justice américaine a refusé d’intégrer au trust de Johnny, dont elle est la seule bénéficiaire, une série d’actifs qui, s’ils l’avaient été, les auraient probablement mis à l’abri du fisc français et des premiers enfants du chanteur, Laura Smet et David Hallyday.

Parmi les actifs concernés figurent quatre Harley Davidson, trois voitures de grand luxe (une Lamborghini, une Bentley et une Cobra) et, si l’on se fie aux documents publiés en septembre dernier par Le Figaro, un compte en banque sur lequel ne figurent que quelques milliers d’euros, tout au plus d’après la veuve du rocker.

Aussi tape-à-l’œil soit-il, tout cela ne pèse pas bien lourd au regard des actifs purement financiers que la femme du Taulier souhaitait placer dans le JP Smet, le trust de feu son mari. Car étaient aussi concernés par la demande de la mère de Jade et Joy, l’ensemble des royalties reversées par les trois maisons de disques avec lesquelles Johnny Hallyday a été sous contrat (lire ci-contre), de même que la moitié des parts de la société Born Rocker que détenait Johnny Hallyday, les 50 autres pour-cents étant la propriété de son épouse.

Cette entreprise est fondamentale car elle perçoit les revenus générés par tout ce qui touche à l’image du chanteur et les produits qui en sont dérivés : spectacles hommage, prestations scéniques des sosies, etc. C’est véritablement la poule aux œufs d’or puisque l’on sait qu’il n’y a plus d’inédits à faire paraître pour rééditer un coup à la Mon pays, c’est l’amour. Certes, des enregistrements en concert et des versions alternatives de certains titres sont encore dans les tiroirs des maisons de disques, mais il y a fort à parier que, dans le futur, aucun nouvel album n’atteindra 1,7 million d’exemplaires vendus. Si le back catalogue va continuer à générer des revenus, ceux-ci seront moins importants que ceux produits grâce à l’exploitation du nom et de l’image du rocker.

En ce sens, la décision de la justice californienne est un coup dur pour Laeticia Hallyday car elle la prive d’une position très avantageuse avant le jugement que doit rendre la justice française cette fois... Le 29 mars, le tribunal de Nanterre dira si oui ou non, Johnny pouvait se prévaloir du droit de la Californie pour établir un testament déshéritant l’ensemble de ses enfants - Jade et Joy comprises - au seul profit de sa femme. Si la réponse est positive, Laeticia sera seule maîtresse à bord. Dans le cas contraire, chacun des enfants pourra revendiquer la part que le droit hexagonal lui réserve de facto. Cela permettra aussi au fisc français d’espérer tirer son épingle du jeu. En effet, la justice française n’a la main que sur les droits d’auteur du rocker, sur sa villa de Marnes-la-Coquette et sur une autre à Saint-Barth. Si les autres actifs avaient été rattachés au trust de Johnny, ils seraient devenus inaccessibles, même pour l’administration fiscale française.

7 millions d'euros dans la poche

L’affaire du testament de Johnny Hallyday, c’est une histoire de gros sous, une très grosse histoire de gros sous. L’an dernier, le rocker a écoulé 2,7 millions de ses albums. 1,7 million de copies de Mon pays c’est l’amour, le carton de 2018, et 1 million de disques extraits de son pléthorique back catalogue.

En vertu des contrats que le chanteur avait signés avec Universal, sa maison de disques de 1961 à 2001, et Warner, il touchait 10 à 15 % sur les ventes de ses albums, un pourcentage porté à 25 voire 30 % pour son disque posthume. Sur ces bases, Le Parisien a calculé que ces ventes ont rapporté aux héritiers du Taulier au minimum 7 millions d’euros, hors revenus générés par le merchandising.

Le 18 décembre dernier, la justice a décidé d’attribuer de verser à Laeticia Hallyday sa part dans les ventes de disques. Celle-ci s’élève à 62,5 %, soit au minimum 4,375 millions pour 2018. Les 2,625 millions restant constituent la part d’héritage qui reviendrait à Laura Smet et David Hallyday s’il devait s’avérer que le droit français s’applique au testament de leur père, ce que tranchera le tribunal de Nanterre le 29 mars. Ce montant est gelé sur des comptes.