Pas évident de jongler entre une volonté compréhensible de protection de la vie privée et du secret médical d’un côté, et un minimum d’explications au vu du statut de la personne souffrante. Le prince de Monaco a bien compris que le communiqué officiel annonçant que son épouse la princesse Charlène n’assisterait pas à la Fête nationale car elle devait se reposer au calme après ces longs mois bloquée en Afrique du Sud en raison de problèmes ORL, allait susciter encore plus de questionnements et de rumeurs.

Successivement à "Nice Matin" et au magazine américain "People", le prince a fait des confidences : la princesse est à l’étranger pour une période chiffrée en "semaines".

S’il ne dit pas ouvertement ce dont souffre la princesse, il tient à écarter les rumeurs concernant la Covid, un cancer ou une chirurgie esthétique. De la suite de ses déclarations - "Elle a réalisé elle-même qu’elle avait besoin d’aide. On ne peut pas forcer quelqu’un à comprendre qu’il a besoin d’un traitement, il doit l’accepter lui-même" - il n’y a pas 36 déductions possibles. La princesse est certes épuisée par ses ennuis de santé mais on traîne un mal-être antérieur.

Selon les dires du prince, au retour de son épouse d’Afrique du Sud, épuisée, ne dormant que quelques heures et ne s’alimentant plus correctement, une réunion de famille a eu lieu avec ses frères Sean et Gareth et sa belle-sœur Roisine. La princesse aurait alors elle-même pris l’initiative d’une hospitalisation à l’étranger.

Les problèmes de santé mentale des membres du Gotha ne sont pas traités de la même manière quant à leur communication. Si à Monaco, par étapes et déductions, on en vient finalement à lever le voile sur des mois de non-dits et de supputations, il en fut tout autrement en Suède lorsque la princesse héritière Victoria, jeune femme, souffrit d’anorexie. Le Palais communiqua ouvertement et la princesse évoqua elle-même ensuite cette étape de sa vie.

Pareil aux Pays-Bas avec la dépression chronique du prince Claus, père du roi Willem Alexander ou au Danemark avec la démence du prince consort Henrik. Dans la biographie parue pour ses 18 ans, la princesse héritière Amalia des Pays-Bas confie sans tabou consulter ponctuellement un psychologue depuis l’enfance lorsqu’elle se sent dépassée par une situation.

La clarté d’une communication initiale permet incontestablement de faire taire toutes les rumeurs et rend encore plus humain le prince/la princesse en souffrance.