Cette fois, il l’affirme : le rappeur-producteur-patron d’empire-milliardaire se lance dans la course à la présidence des États-Unis.

Cela fait des années que Kanye West laissait entendre qu’il se verrait bien un jour à la Maison-Blanche. Il l’avait notamment déjà confié lors des MTV Video Music Awards en 2015, avant de prendre ses distances avec l’idée puis de la réactiver. En 2016, il avait accordé son soutien à Donald Trump. On imaginait donc mal qu’il se présente cette année-ci contre le président sortant. C’est pourtant ce qu’il a annoncé sur Twitter. "Nous devons réaliser les promesses des États-Unis en ayant foi en Dieu, en unifiant notre vision et en construisant notre avenir. Je me lance dans la course pour la présidence des États-Unis ! #2020Vision", a-t-il posté. Dans la foulée, le milliardaire mari de Kim Kardashian a reçu l’appui inconditionnel d’une autre personnalité tout aussi richissime : Eon Musk. "Tu as mon soutien total", a fait savoir ce dernier.

Kanye West va-t-il vraiment venir jouer les trouble-fête dans le mano à mano auquel se livrent depuis des semaines Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden ? Ils ne sont pas nombreux à y croire sérieusement. D’abord parce qu’il ne reste que quatre mois avant le scrutin programmé le 3 novembre. Ensuite parce que l’intéressé est un habitué des annonces et des reculades qui les suivent. En 2018, il avait déclaré, toujours à propos de la présidentielle : "Je pourrai à 100 % y aller. Si je décide de le faire, je vais y arriver, je ne vais pas me contenter d’essayer." Peu de temps après, il rentrait dans le rang, expliquant souhaiter se concentrer sur ses activités artistiques.

Il faut aussi rappeler que si le rappeur âgé de 43 ans s’avère être un homme d’affaires hors pair, côté convictions, ça manque parfois - souvent ? - de cohérence. Ils sont légion à lui reprocher ses propos passés sur l’esclavage, qualifié à l’époque de "choix", ce qui l’avait contraint à présenter des excuses. Étant donné le contexte actuel lié à la mort de George Floyd, voilà qui pourrait s’apparenter à un boulet. Et ce n’est pas parce qu’il a inclus des images des manifestations antiracistes de ces dernières semaines dans son nouveau clip ("Wash Us In The Blood") qu’il sera pardonné.

Ses marques de soutien envers Donald Trump et sa rencontre avec le président américain en 2018, casquette ‘Make America Great Again’ vissée sur la tête, restent également en travers de la gorge de certains. Surtout dans le monde du hip hop où l’actuel résident de la Maison-Blanche a tout sauf bonne presse. Il avait alors avancé qu’il s’agissait d’une manœuvre pour se payer la tête des démocrates et paver le chemin de sa propre course vers la présidence.