People Cette semaine, l’équipe des sports de RTL fête la 500e de la Champions League. Avec un incontournable du petit écran aux commandes : Stéphane Pauwels.

Stéphane Pauwels le reconnaît. Il s’y est même fait : en Belgique, il est davantage reconnu par le grand public comme un animateur "d’émissions de proximité" (Les orages de la vie, Police de la route) que comme un critique de foot. En France, où il vogue de chaîne en chaîne en fin de semaine (TF1, W9,...), il fait désormais partie des snipers reconnus du ballon rond. "En France, la critique, c’est dans la culture. Pas en Belgique. Nul n’est prophète en son pays…"

Pour un passionné de foot comme vous, présenter la Champions League - dont on fête la 500e cette semaine - c’est le Graal ?

"La Champions, c’est du haut niveau. Mais ce n’est pas parce que c’est l’élite qui joue qu’il faut en parler comme des snobinards. Il faut faire rêver les gens, et garder cette proximité. Il faut aussi embellir ces grands joueurs et arrêter de taper dessus. Si on prend l’exemple de Ronaldo : on le critique, mais ce n’est pas de sa faute s’il est le meilleur, qu’il est beau gosse, qu’il est entouré de jolies gonzesses et de belles voitures. On n’est pas là, dans la Champions , pour le critiquer mais pour expliquer en quoi justement il est le meilleur ! Ce qui m’intéresse, c’est qu’un consultant comme Mbaye Leye, qui est un grand attaquant, dise : ce que Ronaldo vient de faire, moi je ne sais pas. Il est meilleur que moi parce qu’il bosse plus que moi. Ou quand quelqu’un comme Georges Grün raconte ses anecdotes de marquage de Maradona. Ces analyses-là, tactiques du joueur d’expérience, c’est ça qui est intéressant. Et sur la Champions League , c’est vraiment un travail collectif."

Faire rêver les téléspectateurs, qui ne sont pas forcément des passionnés de foot, ça passe par la pipolisation aussi…

"Le problème du foot aujourd’hui, c’est qu’il y a plein de compétitions dont tout le monde se fout. Laurent Haulotte (directeur des rédactions infos et sport de RTL) et moi avons le même point de vue : on fait de la télé donc on doit raconter des histoires. Le foot, c’est donc aussi des paillettes avec des stars, comme Ronaldo ou avant Beckham,…Il faut accepter cette pipolisation dans le monde du foot !"

Le fait aujourd’hui d’être présent sur différentes émissions de foot en France (sur RTL, mais aussi My Téléfoot, L’équipe,…), ça vous apporte quoi ?

"Quand tu te retrouves au restaurant avec un mec comme Bixente Lizarazu, qui est devenu un pote, ou avec Guy Roux, tu ne fais que parler de ballon rond. Avec ces gens-là, tu ne parles pas chiffon, tu es plongé dans le foot, ils sont tout le temps au contact de grands clubs ! (sourire) Maintenant, je commence à avoir l’image du Belge dans les émissions de foot en France, comme dans un autre domaine Poelvoorde ou Damiens. Là-bas, j’ai une légitimité, ils savent que j’ai bossé dans le foot en France."

Mais ça vous embête, ça vous blesse, de ne pas ressentir la même légitimité dans votre pays ?

"Non, je m’en fous complètement ! Présenter la Champions League , forcément ça fait des jaloux. Et en plus, je ne suis pas quelqu’un de lisse. Mais je m’éclate dans la Champions . Et on est bon maintenant. On n’a rien à envier sur nos plateaux. On fait des choses bien maintenant en sport à RTL. Même si on peut toujours faire mieux, mais les chiffres sont là."

Avec le recul, vous avez analysé l’échec de Rien à foot !, votre talk consacré au ballon rond arrêté après quelques mois ?

"Je suis plus animateur de talk que de foot. Mais on n’était pas prêt. Aussi, on a dit que faute d’images, l’émission ne pouvait pas durer. Mais je suis convaincu qu’on aurait pu l’installer comme Studio 1. Le problème : il y a un potentiel de 100.000 spectateurs pour ce genre d’émission en Belgique. Et quand on critique, les patrons de clubs gueulent. On se doit en Belgique d’être lisse quand on parle de foot sinon les dirigeants de club ne le supportent pas. La critique devrait pourtant permettre aux clubs de grandir. Quand j’entends Olivier Renard, directeur sportif du Standard, dire de ses joueurs qu’ils jouent avec des pampers, il les allume, mais c’est quand même lui qui les a recrutés. Il devrait aussi se remettre en question. Et ne pas taper sur la tête des joueurs !"

© BAUWERAERTS

Anne Ruwet: "Dans ce milieu, j’ai dû me remettre en question"

Anne Ruwet est encore l’une des très (trop) rares femmes de télé à baigner dans le monde du foot. Mais aujourd’hui, sa crédibilité n’est plus à prouver…

Elle a rejoint l’équipe des sports de RTL en 2012. D’abord consultante sur le plateau de l’Europa League sur Club RTL (elle avait travaillé auparavant sur Standard TV et fait les bords de terrain sur AB3) alors orchestré par Stéphane Pauwels, Anne Ruwet s’est retrouvée propulsée à sa présentation, en 2015. Petit à petit, la chenille est devenue un papillon - "mais l’apprentissage continue, au jour le jour", nous glisse-t-elle - qui rayonne sur les petits écrans. Au grand bonheur de ces Messieurs.

Et ce n’était pas forcément gagné, même quand, comme Anne, on a grandi ballon au pied - son père a d’ailleurs failli être joueur pro -, au bord des terrains de foot."Oui c’est vrai, une femme en foot n’a pas droit à l’erreur. Si on se trompe à l’antenne, on dira qu’on a fait une erreur de connaissance. Si un homme se trompe, on dira que c’est une erreur d’attention. Christine (Schréder, spécialiste foot normalement sur La Une) et moi avons dû nous remettre en question. Maintenant, ça va mieux."

Le foot, vous baignez dedans tous les jours ?

"Oui, je regarde toutes les émissions, sur Voo, sur Proximus,…Je ne suis pas 24 heures sur 24 dedans mais… 22 heures sur 24 ! (rires) C’est un boulot très passionnant. Et c’est vrai que pour certains de l’extérieur, ça peut être difficile à comprendre cette passion."

Cela fait un an et demi que vous avez intégré, à temps plein, l’équipe des sports de RTL. Depuis, votre notoriété a bien grandi. C’est gênant parfois ?

"Non, parce que je reçois de gentils clins d’œil de la part des gens. On me dit souvent : ah! c’est la dame du foot ! (sourire) Ça reste convivial. Il y a des gens bien plus soumis que moi à la notoriété au sein de RTL."

Avec la notoriété, difficile de cacher tout de votre vie privée. Cela vous dérange qu’on parle de vous et votre petit ami, Thibaut Roland (chroniqueur foot et aussi dans De quoi je me mêle !) ?

"Je parle de ça avec mes proches, qui sont contents pour moi. Dernièrement, Thibaut a reçu un cadeau pour moi de la part d’un téléspectateur. C’est gentil. Mais on ne commence pas à se mettre en avant. Naturellement, ça ne nous vient pas à l’esprit de nous exposer. Ni l’un ni l’autre on est comme ça. Sur ce point, on se ressemble très fort Thibaut et moi. Pour vivre heureux, vivons cachés !" (sourire)

2017 a l’air d’avoir plutôt pas mal commencé pour vous donc…

"Oui ! Dans le privé, c’est le bonheur. Ma famille est très présente aussi. Quand je suis en plateau, mes proches m’envoient toujours des messages. Ils participent à leur façon à l’émission ! Et, professionnellement, avec le foot, 2017 a super bien démarré. Mais je ne me projette pas plus loin. Je ne l’ai jamais fait. Les choses arrivent sans que je les force."

© BAUWERAERTS

Quand le match est fini…

Comme il le dit lui-même, Stéphane Pauwels est davantage un animateur de talk-show que d’émission foot. Cet été, sur la chaîne française consacrée au sport, L’Équipe, il pourrait se retrouver aux commandes de sa propre émission, tournant autour du ballon rond. Mais quand il n’y a pas match, Stéphane est aussi dans le téléviseur. Il reviendra sur RTL dans une nouvelle saison de Police de la route, mais reste mystérieux sur un autre projet amorcé il y a peu. Souvenez-vous, on l’avait aperçu dans le bleu de travail d’un éboueur, suivi par une caméra. Pour une prochaine émission inédite ? "Je préfère ne pas en parler pour l’instant tant que rien n’est validé par la chaîne." Et si Stéphane Pauwels touche à tout, il aime aussi jouer les Cupidons. Le parrain cathodique d’Anne Ruwet a un peu joué les entremetteurs entre elle et son autre protégé, Thibaut Roland. "Ils ont le même âge. Je me suis chargé de faire passer les bons mots entre eux. Ils sont beaux ensemble ! On va dire que je suis un peu le parrain et le tonton des deux !" sourit-il.