Suite à son AVC et son hémorragie cérébrale survenus en 2019, Alain Delon se fait rare dans les médias. Et encore plus au cinéma qu'il a décidé d'arrêter. Des nouvelles du monstre sacré du septième art, ses fans en ont notamment via son fils, qui vient de publier Entre chien et loup, Anthony Delon. Jusqu'à ce week-end, via son interview accordée au Journal du dimanche. "Je me sens plutôt bien même si je suis fatigué et que je marche avec une canne. Mais on ne va pas se faire de cinéma : on sait où on va et comment ça se finit", a ainsi d’abord confié Alain Delon, vieux loup solitaire. "Tous mes amis sont partis : Jean-Paul Belmondo l’année dernière, Romy, Mireille Darc, Nathalie Delon, toutes les femmes de ma vie sont parties aussi. La seule qui reste, c’est Brigitte Bardot. Nous sommes très amis. On échange souvent, un peu comme deux vieux cons qui parlent de ce qu’ils ont connu et traversé. On parle aussi du jour où on ne sera plus là. Je lui dis que j’espère qu’elle partira avant moi pour que je fasse un éloge dans l’église. Elle répond : j’espère que ce sera toi avant."

Et le monstre sacré du cinéma de 86 ans ne s'est pas arrêté là, évoquant le monde inquiétant dans lequel nous vivons. "Je lis la presse tous les jours. Ce qui se passe ne me réjouit pas, c’est un enchaînement d’informations sinistres. Tous les jours, il y a un scandale, un viol, une tuerie d’enfants. Ne me dites pas que le monde est heureux." C'est pourquoi la star profite "de la nature, du calme, du repos" du côté de sa demeure de 55 hectares, à Douchy, dans le centre de la France. Loin de tout ce monde. Un havre de paix où la solitude le tue à petit feu. "Je vis pratiquement seul avec mes animaux". De quoi perdre quelque peu le goût de la vie. "Je trouve que la vie est devenue insupportable, elle ne me fait plus envie." Sa seule volonté ? "Avoir la paix". S'il affirme ne pas avoir "peur de mourir", Alain Delon avoue avoir "peur de souffrir" et ne pas "vouloir finir dans un lit d’hôpital".

"C'est sans doute une façon de tuer père"

"Il y a des choses bien, d’autres moins", a ainsi déclaré Alain Delon, au JDD, au sujet du livre de son fils Anthony qui dévoile une partie plus sombre de l'acteur de 86 ans. "Il a aujourd’hui presque 60 ans, un âge où il faut réfléchir comme un homme de cet âge plutôt que comme un gamin. Ce qui lui fait plaisir me fait beaucoup de mal. C’est dur pour un père. Mais ce sont ses souvenirs... C'est sans doute une façon de tuer le père". Plus loin, le Guépard a tenu à remettre les pendules à l'heure, assurant qu'il n'avait jamais été violent avec son fils. "Je n’ai pas été épouvantable avec lui. J’ai été un père sérieux et strict, c’est tout". Pour lui, ce qui a pu beaucoup perturber son fils, c’est davantage d’avoir été "le fils d'Alain Delon", et il reconnaît que "ce n'est pas facile".

"Elisabeth Borne m'a l'air de quelqu'un de compétent"

Alain Delon, acteur engagé, a aussi tenu à donner son avis sur l'élection d'Elisabeth Borne en tant que Première ministre pour succéder à Jean Castex. "Elisabeth Borne est Première ministre, ce n'est pas une actrice ou une danseuse, explique-t-il au JDD. Elle m'a l'air de quelqu'un de compétent, lucide et efficace. J'espère que ça se passera bien". Selon Purepeople, il lui aurait même envoyé un message de félicitations. "Madame Élisabeth Borne, Première ministre. My Lisbette, vous n'êtes pas la Première ministre de Macron, mais la Première ministre de la France".